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France-Allemagne: regards croisés sur l'apprentissage

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Organisées le 11 mai 2010, au Palais du Luxembourg à Paris, les rencontres sénatoriales de l'apprentissage avaient pour thème: "Apprentissage France-Allemagne: regards croisés".

Mardi 11 mai, pas moins de 160 apprentis français et allemands ont foulé les allées du Sénat lors d’une manifestation, désormais, annuelle: les rencontres sénatoriales de l’apprentissage, initiées, il y a plus d’une décennie, par Gérard Larcher, président de l’institution.
Organisée par le Sénat et l’Assemblée permanente des chambres de métiers (APCM), cette édition était placée sous le signe de l’échange. Le thème retenu, "Apprentissage France-Allemagne: regards croisés", avait pour objet d’établir des parallèles entre la manière dont les deux pays appréhendent le rôle de l’apprentissage, les bilans qu’ils en retirent, tout en ouvrant de nouvelles perspectives, notamment, celle de la mobilité des apprentis entre les deux pays.

L’Allemagne reste pour les Français l’un des meilleurs modèles européens en matière d’apprentissage. Jugé comme une voie d’excellence par les parents des apprentis et les entreprises qui les accueillent, l’apprentissage outre-Rhin concerne près de 1,6 million de jeunes contre 420000 apprentis et plus de 600000 en alternance en France (source: enquête de la Commission européenne). «C’est un système très efficace qui s’appuie sur une approche duale: une formation théorique et un accès concret à la vie de l’entreprise. Dès le début, les apprentis sont mis en contact avec des fournisseurs, des clients, des collègues. Aussi, dès la fin de leur formation, ils ont acquis suffisamment de connaissances pour répondre aux exigences des entreprises», a expliqué Stephan Schwartz, président de la chambre des métiers de Berlin, l’un des participants de cette table ronde. En France, du chemin reste encore à faire pour changer les mentalités. «Ici, nous formons aux diplômes, alors qu’en Allemagne on prépare aux compétences nécessaires à l’exercice d’un métier», a souligné Jean-Pierre Bechler, vice-président de la commission des formations de l’APCM, assemblée permanente de la chambre des métiers.

La table ronde a été suivie d’une séance de questions au gouvernement, présidée par Gérard Larcher, durant laquelle les jeunes apprentis ont pu interroger Laurent Wauquiez, secrétaire d’État à l’emploi, et Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des PME, du tourisme et des services et de la consommation. Parmi les problématiques soulevées, nombreuses étaient celles touchant au manque de reconnaissance de la filière, à la difficulté des jeunes apprentis à trouver des entreprises, aux failles de l’orientation scolaire et aux obstacles plus quotidiens (hébergement, transports, etc.).
En France, l’ambition des pouvoirs publics est qu’un jeune sur cinq soit formé par l’alternance d’ici 2015. Pour Laurent Wauquiez, cela passe par un nécessaire décloisonnement entre le système de l’apprentissage et la voie générale, la création d’une journée de sensibilisation à l’apprentissage dans les collèges ou encore la dotation de 250 millions d’euros de budget pour la construction de places d’hébergement.