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La course à la performance : le grand mal des entreprises ?

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La dégradation des conditions de travail représente une perte de 23 % de la valeur ajoutée d'une entreprise. Un désengagement des salariés qui s'explique, selon une étude sur le bien-être au travail, par une course à la performance économique et un manque d'accompagnement et de formation.

La dégradation des conditions de travail peut coûter très cher aux dirigeants. Selon une étude publiée le 14 février par le cabinet Mozart Consultant, elle représente une perte moyenne de 23 % de la valeur ajoutée d'une entreprise. « Si ce chiffre s'est stabilisé entre 2009 et 2010, les conséquences et les coûts liés au mal-être au travail restent exorbitants », avance Victor Waknine, fondateur du cabinet Mozart Consulting. Pour réaliser cette étude, le cabinet a mesuré entre 2009 et 2010 les dégradations économiques dues au mal-être (absentéisme, démission et sorties forcées, accidents…) pour les réunir sous l'Ibet (Indice de bien-être au travail).

L’indice français médian s’établit à 0,77, soit largement au-dessous du niveau qui reflète une situation de bien-être (0,85). L'industrie est l'un des rares secteurs qui tire son épingle du jeu avec un Ibet de 0,86. Des bons résultats qui résultent, selon l'étude, de la sensibilité des ressources humaines à valoriser les métiers et à protéger les collaborateurs de l'incertitude du lendemain. D'autres secteurs sont plus fragilisés. La construction, avec un Ibet de 0,77, enregistre une réduction de l'absentéisme et une forte augmentation des sorties forcées. « Le secteur est sinistré, les salariés souhaitent maintenir leur emploi et sont donc moins absents. La progression des sorties forcées s'explique par une montée en puissance des ruptures conventionnelles, largement utilisées à partir de 2010 », analyse Victor Waknine.

Les activités des Services aux entreprises sont les plus dégradées avec un taux de mal-être au travail équivalent à 29 %, dû essentiellement au taux de sorties forcées et à une forte augmentation de l'absentéisme (+ 17 % par rapport à 2009). La raison ? Selon Victor Waknine, « ce fort turnover s'explique par l'exigence de professionnalisation du secteur. Les clients sont à la recherche de conseils précis et peuvent parfois être agressifs avec les vendeurs ».

Prévention, anticipation

Victor Waknine pointe un problème de prévention et une demande de performance accrue. « Les dirigeants doivent être cohérents dans la définition des objectifs et des moyens qu'ils donnent à leurs collaborateurs. Ils ont parfois tendance à imposer des changements sans accompagner leurs salariés, ce qui génère un facteur de résistance, une perte de productivité et de qualité », soutient le fondateur du cabinet Mozart Consulting. Les pistes avancées ? L'analyse des postes de travail afin d'en dégager des spécificités et de respecter le savoir-faire du salarié. Ou encore la mise en place d'un dialogue social afin d'accompagner progressivement les équipes et de les mobiliser autour des différents projets. Victor Waknine en est convaincu : un collaborateur sera ainsi « plus performant dans une entreprise socioresponsable ».