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Intérimaires en CDI : quel intérêt pour les PME?

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Le "CDI intérimaire" est né. Patronat et syndicats du secteur de l'intérim ont conclu, le 11 juillet 2013, un accord rendant possible un tel statut. Qui sont les intérimaires visés ? Ceux dotés des compétences les plus recherchées, oeuvrant dans les secteurs du BTP ou la métallurgie.

Collaborer avec un intérimaire en CDI : voilà une démarche rendue possible par un accord signé in extremis le 11 juillet 2013 entre les agences d'intérim et trois syndicats, la CFDT, la FCTC et la CFE-CGC à la suite de négociations tendues. Inédite en France, cette mesure est déjà monnaie courante dans d'autres pays européens, à l'instar de l'Allemagne.

Répondre aux besoins de recrutement des PME

Dans le cadre de cet accord, les agences d'intérim s'engagent à signer, d'ici trois ans, 20 000 CDI intérimaires. Ce qui représente 4 % seulement des 500 000 équivalents temps plein recensés dans l'intérim début 2013. En outre, les agences s'engagent à augmenter de 40 heures la durée annuelle d'emploi pour les 80 000 intérimaires travaillant quatre mois par an (soit 800 heures). Le type d'intérimaire visé par un tel accord ? Ceux dotés, précisément, des compétences les plus recherchées dans des secteurs cibles où les entreprises ont du mal à recruter, faute de main d'oeuvre qualifiée suffisante, à l'instar de l'informatique, la métallurgie, le BTP et la restauration.

"Cette mesure va nous aider à élargir notre recrutement à de nouveaux profils d'intérimaires, différents de ceux avec lesquels nous travaillons aujourd'hui, explique François Roux, délégué général de Prism'emploi, syndicat représentatif du secteur de l'intérim. Ainsi, notre objectif est de capter ces nouvelles compétences pour mieux répondre aux besoins RH de nos clients, notamment les PME". Plus encore, la vocation d'une telle démarche est de booster l'employabilité des intérimaires, "en investissant davantage dans leur formation, et surtout en les fidélisant pour permettre aux entreprises clientes d'avoir à disposition un vivier de collaborateurs qualifiés et potentiellement disponibles, puisque étant liés par un CDI à l'agence d'intérim", détaille François Roux.

Salaire mensuel garanti

Quid de la rémunération de ces intérimaires ? Ils toucheront un salaire mensuel de l'agence équivalent au Smic pour les employés et les ouvriers (majoré de 15 % pour les techniciens et 25 % pour les cadres), et ce même s'ils ne sont pas en mission. En échange, ils devront accepter toutes les missions proposées par l'agence, répondant aux critères de mobilité, de poste et de salaire fixées dans leur contrat. Durant les périodes non travaillées, l'intérimaire devra rester disponible en cas de besoin et des formations pourront lui être imposées. Pour les autres règles (congés, licenciement...), le contrat ne diffère pas d'un CDI classique.

Financée par le "Fonds de sécurisation des parcours", cette mesure représente un coût de 60 à 70 millions d'euros. L'indemnité de fin de mission de 10 %, traditionnellement payée aux intérimaires en CDI, sera réallouée directement à ce fonds, sans oublier une cotisation de 0,5 % versée par les agences.