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Salaires: les homosexuels gagnent moins que les hétérosexuels

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Les gays touchent en moyenne 6,5% de moins dans le privé que leurs collègues hétérosexuels à responsabilité et qualification comparables et 5,5% de moins dans le public, selon une étude d'économistes.

Les hommes homosexuels touchent en moyenne 6,5% de moins dans le privé que leurs collègues hétérosexuels, à responsabilité et qualification comparables, et 5,5% de moins dans le public, selon une étude Thierry Laurent et Ferhat Mihoubi, économistes au centre d'Études des politiques économiques (Epee) de l'université d'Évry. Ce travail, présenté dans Libération du samedi 21 août, est une première en France.

«Après avoir éliminé tous les biais qui auraient pu fausser les résultats, nous arrivons à un écart de rémunérations que l’on dit inexpliqué», note Thierry Laurent. Précision de taille: à l'inverse des hommes homosexuels, les lesbiennes ne subiraient aucune différence de traitement et bénéficieraient même d'une légère prime (+2%), indique le quotidien.

Ces chiffres hexagonaux sont "confirmés par des études similaires réalisées à l’étranger. Ils se situent même dans la fourchette basse des autres enquêtes, menées essentiellement aux États-Unis", apprend-on dans l'article.

Homophobie au travail

"Si le point commun des membres d’un groupe désavantagé réside dans le fait d’être homosexuel, il n’y a d’autre explication que… l’homophobie", explique Libération. Un sondage CSA réalisé en mars 2009 et cité par les auteurs révèle que 28% des salariés du privé ne se sentent pas "très à l’aise" avec le fait que leur collègue soit homosexuel. Un employé gay a donc une chance sur trois de se retrouver sous les ordres d’un chef plus ou moins homophobe.

Les lesbiennes, quant à elles, semblent à l'abri. L’homosexualité féminine serait, en effet, moins visible et mieux acceptée par la société. Elles ont plus disponibles car souvent elles ont moins d'enfants que leurs collègues femmes hétéros. «L’homophobie qu’elles peuvent subir est compensée par leur plus grande disponibilité professionnelle, qui les conduit à toucher sans doute plus de primes», avance Thierry Laurent, dans les colonnes du journal.

Enfin, plus un homosexuel est en position de responsabilité et prend de l'âge, plus son salaire est amputé comparativement à celui de son alter ego hétéro. «Plus je suis qualifié, plus je suis visible, donc plus je suis discriminé. Même chose pour l’ancienneté», suggère Thierry Laurent.