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Dif : un dispositif désormais connu de tous et plus largement utilisé

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Huit ans après la mise en place du droit individuel à la formation, quelle est la réalité du dispositif ? Éléments de réponse avec une enquête menée par Demos publiée le 24 avril.

Dif : un dispositif désormais connu de tous et plus largement utilisé

97 % des salariés connaissent l’existence du droit individuel à la formation (Dif). Voilà le premier enseignement de l'enquête menée par le groupe de conseil Demos, dont les résultats sont publiés le 24 avril. Ce chiffre montre une croissance de la notoriété du dispositif, mais qu’en est-il de ses spécificités ?
On constate que les salariés sont dans l’ensemble bien informés : 66 % connaissent le nombre d’heures de Dif qu’ils ont cumulées et cernent davantage le principe de “plafonnement” des heures (72 % contre 68 % l’année dernière). Il reste cependant quelques zones d’ombre : 42 % affirment que l’employeur ne peut refuser la demande de Dif que deux fois, « alors qu'il peut la refuser autant de fois qu'il le veut », rappelle Marc Dennery de C. Campus, spécialiste de la formation professionnelle et du développement RH.
Autre chiffre en progression : 47 % des salariés interrogés affirment avoir utilisé leur Dif, « ce qui est un pourcentage important puisqu'il montre que les entreprises l'ont intégré, qu'il fait partie du business formation, que ça fonctionne », ajoute Marc Dennery. Encore mieux, 13 % l’ont utilisé plusieurs fois depuis la mise en place de ce dispositif dans leur entreprise.
Huit ans après sa création, le Dif apparaît davantage comme un outil permettant de se professionnaliser dans le cadre de son poste (59 %), même si une part importante de salariés l’utilisent pour des compétences périphériques.
Le Dif apparaît davantage comme un outil permettant de développer l’accès à la formation qu’un outil permettant de se former au-delà de l’emploi. C’est donc plus un “booster” de plan qu’un mini-CIF.

Le financement

L’enquête révèle que pour 41 % des entreprises interrogées, le Dif a contribué à augmenter le budget de formation. Une hausse due, entre autres, à la baisse de prise en charge du Dif par les OPCA : 40 % des sondés obtiennent moins de 50 % de financement via leur OPCA (contre 30 % des sondés en 2011). Marc Dennery précise : « Le passage d’une gestion individuelle du Dif à une gestion plus collective serait une solution pour réaliser des économies d’échelle et une meilleure articulation entre Dif et plan de formation. »

En revanche, seules 25 % des entreprises interrogées pensent avoir des difficultés pour financer le Droit individuel à la formation à l’avenir : « Le Dif connaît une appropriation et une croissance lente mais régulière. Les entreprises ont abandonné leurs craintes (peur de l’explosion des compteurs, du traitement des demandes, du provisionnement…) et les motivations uniquement financières (financement OPCA plus faible pour les formations Dif) pour inscrire davantage le dispositif dans des pratiques régulières. Le Dif se fait donc progressivement une place dans les pratiques de formation », souligne Marc Dennery.