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Le stress ne passera pas par moi !

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Il n'existe aucune étude sur le stress du dirigeant. Le chef d'entreprise serait-il immunisé contre le fléau du XXIe siècle ? Pas si sûr, en tous cas, l'observatoire Amarok va étudier leur cas.

Le stress, le mal du XXIe siècle... Un fléau qui touche bon nombre de salariés les amenant parfois à commettre l'irréparable. Chaque nouveau suicide remet le sujet sur le tapis. Si bien que le stress fait l'objet de toutes les attentions de la part des pouvoirs publics. Mais force est de constater qu'aucune étude ni organisme ne se penchent vraiment sur le cas des dirigeants. Il existe bien quelques sondages (lire les commentaires ci-dessous) mais rien de très approfondi. Notons toutefois, une étude toute récente lancée par la CGPME 77 et l'Aract (Le burn-out frappe 38 % des dirigeants).

Il n'en demeure pas moins qu'« il y a plus de statistiques sur la santé des baleines bleues que sur celle des entrepreneurs », aime à rappeler Olivier Torrès, professeur à l'université de Montpellier et président de l'observatoire Amarok, premier observatoire de la santé des dirigeants de TPE/PME.  Aidé du mouvement patronal du Centre des jeunes dirigeants (CJD) et de  l'assureur Malakoff Médéric, Olivier Torrès va lancer une grande enquête sur trois ans. Chaque mois, 200 volontaires du CJD et 300 adhérents de Malakoff Médéric seront sollicités lors d'entretiens d'une vingtaine de minutes. Ils devront répondre à chaque fois à dix-huit questions récurrentes et à un nouveau questionnaire thématique. Seront ainsi étudiés la qualité du sommeil, l'hygiène alimentaire, le stress, etc. qui seront corrélés avec la vie de l'entreprise (problèmes de trésorerie, administratifs, etc.).

"On imagine difficilement que le dirigeant puisse souffrir au travail car le chef d'entreprise doit véhiculer le symbole d'un leadership, il doit être un meneur. C'est pourquoi son mal-être reste un sujet tabou", explique Olivier Torrès. Selon lui, le stress du chef d'entreprise est lié à quatre facteurs pathogènes :

– la question du stress accumulé ;

– la surcharge de travail (un chef d'entreprise travaille en moyenne 65 heures par semaine contre 38 heures pour les salariés) ;

– la solitude ;

– l'incertitude ;

Il existe néanmoins des “facteurs salutogènes” :

– la maîtrise de son destin ;

– l'optimisme ;

– le “hardiness”, c'est-à-dire la capacité à rebondir.

Où penche la balance ? C'est à cette question que répondra cette étude. Il ne reste plus qu'à attendre trois ans...