Les six erreurs à ne pas commettre sur les réseaux sociaux

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C'est décidé, en tant que dirigeant de votre petite entreprise, vous vous lancez à l'assaut des réseaux sociaux : Viadeo, LinkedIn, Twitter, Facebook et les autres. Mais avant de plonger dans le bain, apprenez à nager... En effet, "réseauter" sur le Web nécessite tact et tactique.

Les six erreurs à ne pas commettre sur les réseaux sociaux

Vous n'avez pas encore franchi le pas en créant votre profil sur les innombrables réseaux sociaux qui peuplent le Web ? Rien n'est plus simple. Enfin, dans la théorie. Car dans la pratique, les réseaux sociaux, quels qu'ils soient, répondent à des codes, à des usages, qu'il faut connaître avant de s'y aventurer.

D'autant que Cyril Bladier, expert et conférencier sur les stratégies réseaux sociaux, recommande de ne pas vous limiter et de créer votre profil sur différents réseaux : « Il faut considérer cela comme un référencement de votre personne sur divers sites. Une fois que vous identifiez les sites qui vous ramènent le plus de contacts et de demandes, consacrez vos efforts et votre temps sur ceux-là, tout en réactualisant votre profil sur les autres, de manière plus sporadique. »

Prêt pour la conquête de Viadeo et cie ? Rapide tour d'horizon des erreurs à ne pas commettre... Sous peine de vous faire bannir de la communauté et de ternir votre e-réputation.

Erreur n°1 : y aller en touriste

« Avant de se lancer sur les réseaux sociaux, il faut se préparer et se poser quelques questions. Se demander pourquoi y être présent, et avec quels messages, quel contenu..., avance Cyril Bladier. Il est important de définir votre stratégie : sur quelles thématiques souhaitez vous valoriser votre expertise ? Bref, vous devez définir votre ligne éditoriale. » En tant que dirigeant de TPE-PME, vous pouvez mettre en avant vos connaissances techniques, du marché, de l'entrepreneuriat, etc. Cernez avec précision les thématiques que vous voulez incarner. Ainsi, le dirigeant d'un cabinet conseil en management peut logiquement s'exprimer sur des sujets RH, management ou plus pointus comme les risques psychosociaux ou la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), quand un dirigeant de PMI va partager des informations en lien avec le made in France, la logistique, l'innovation, l'export, ou plus précisément le marché chinois ou indien... Des thématiques sur lesquelles il souhaite être connu et reconnu. N'hésitez pas à vous faire accompagner dans vos premiers pas sur la toile.

Erreur n°2 : ne pas se tenir à sa stratégie

Une fois votre stratégie définie, il s'agit bien sûr de s'y tenir. Si vous promettez à vos followers (les abonnés à votre fil sur Twitter), à vos "amis" (sur Facebook) et à vos divers contacts que vous allez leur parler innovation et que finalement vous communiquez sur les Jeux olympiques, il est fort à parier que vous allez les décevoir et perdre en crédibilité. Si quelques digressions passeront probablement inaperçues, sur le long terme, vous risquez de perdre de votre intérêt. Par ailleurs, il est recommandé de vous limiter à la sphère professionnelle. « Sur le sujet, c'est comme pour les CV : il y a autant d'experts pour le CV sur deux pages que sur une page, illustre Cyril Bladier. Pour ma part, je considère que vous pouvez tout à fait humaniser la relation en donnant votre avis sur une expo ou partager quelques informations sur l'une de vos passions, mais l'intérêt d'informer votre réseau professionnel de l'heure à laquelle vous vous êtes levé ou d'exprimer un avis sur la politique me paraît être plutôt du ressort de la vie privée. Après, si le dirigeant affiche sa couleur politique, par exemple, dans la "vraie vie", rien ne l'empêche d'exprimer ses opinions sur les réseaux sociaux. Attention tout de même car les échanges peuvent s'envenimer rapidement sur le Net. »

Erreur n°3 : être inactif

À moins de vous appeler Mark Zuckerberg (CEO de Facebook), il est fort à parier que si vous vous limitez à la simple création d'un profil, vous n'attiriez pas les foules... Vous allez donc devoir y consacrer un peu de temps quasi quotidiennement. « Par exemple, sur Twitter, l'idéal est de publier tous les jours. Heureusement, il existe quelques outils, comme HootSuite ou Seesmic, qui peuvent vous aider à gérer, via une seule plateforme, plusieurs réseaux sociaux. D'autres outils peuvent vous permettre d'automatiser la publication de messages. » Au début, en phase de découverte des différents réseaux sociaux, vous y passerez logiquement un peu plus de temps. Vous tâtonnerez sur les informations à publier, sur les personnes à contacter et la façon de les approcher. « Ce qui est particulièrement long, c'est la recherche des personnes, marques et autres institutionnels que vous souhaitez suivre ou avec qui entrer en contact. D'ailleurs, n'hésitez pas à être sélectif et à ne pas accepter ou suivre tout le monde tous azimuts. » Puis, vous récolterez peu à peu le fruit de votre investissement.

Erreur n°4 : y aller avec vos gros sabots

« Ne faites pas sur les réseaux sociaux ce que vous ne feriez pas dans la vie réelle », s'exclame Cyril Bladier. Et d'illustrer : « Jamais vous ne donneriez votre plaquette avant d'avoir serré la main de quelqu'un, sans vous être présenté, sans avoir créé un minimum de lien... Alors pourquoi envoyer votre plaquette à des prospects par Viadeo ou LinkedIn, par exemple, directement, sans phase de prise de contact ? » Sur des réseaux comme Viadeo et LinkedIn, il va vous falloir donner avant de recevoir, comme dans tout networking. S'ils sont idéaux pour de la prospection commerciale, il va vous falloir d'abord démontrer votre valeur ajoutée, votre expertise en publiant des informations, en partageant du contenu, en connectant les uns et les autres... En participant à des hubs (Viadeo) ou des groupes (LinkedIn), par exemple. « Toute la difficulté notamment est de participer à bon escient et sans en dire trop. Montrez les deux à trois points clés et laissez venir les gens à vous pour faire votre offre de service. » Idem sur des réseaux comme Facebook ou Twitter : ne parlez pas que de vous. L'autopromotion, c'est bien votre but final, mais « respectez la règle du 20/80 : 20 % d'informations sur vous, votre actualité, votre entreprise, votre expertise, et 80 % d'informations tierces », conseille l'expert.

Erreur n°5 : avancer masquer

Jouez la transparence. Inutile de créer de faux profils pour faire de la veille sur vos concurrents ou publier de faux avis de consommateurs pour valoriser votre offre. « Tout l'enjeu des réseaux sociaux, c'est la proximité, la création d'un lien et la transparence, martèle Cyril Bladier. D'ailleurs, agrémenter vos profils d'une photo de vous me paraît indispensable. Cela permet de savoir à qui on a affaire. Laissez les gens s'exprimer, voire vous critiquer, dans la mesure où c'est constructif et argumenté. Si vous ne permettez pas de le faire sur votre page Facebook, ils iront le faire ailleurs et vous aurez alors plus de mal pour leur répondre... »

Erreur 6 : devenir dépendant !

Vous pouvez rapidement devenir accro aux réseaux sociaux, par peur de manquer une information, par envie d'échanger en temps réel, pour ne pas manquer une opportunité, pour savoir qui a consulté votre profil sur Viadeo et LinkedIn et vos nouveaux followers sur Twitter, etc... La notion de connexion en temps réel pourrait presque vous faire oublier le pourquoi de votre présence sur ces fameux réseaux sociaux. « On a vite fait d'y passer beaucoup de temps. Mais les dirigeants ont des entreprises à faire tourner, ils seront forcément rattrapés par le quotidien », conclut Cyril Bladier.