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PME innovantes : comment lever les freins à la compétitivité

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Sogedev, cabinet conseil en financement public, a interrogé les dirigeants d'entreprise pour lesquels la recherche n'est pas un vain mot. Voici les grandes conclusions de cette étude publiée le 15 octobre.

PME innovantes : comment lever les freins à la compétitivité

Quels sont les obstacles et les attentes des PME innovantes pour relancer une dynamique de croissance ? Sogedev, spécialiste du conseil en financement public pour les entreprises, a mené à la veille de la loi de Finances 2013 une étude(1) en ce sens, dont les résultats ont été dévoilés le 15 octobre.

La vie des entreprises, entre obstacles et incitations


D’après 35 % des dirigeants interrogés, le coût du travail et la rigidité du Code du travail constituent les deux principaux freins à la compétitivité. Les charges fiscales arrivent ensuite en troisième position (13 %), suivies de près par les difficultés à recruter du personnel qualifié (10 %) et à accéder au financement bancaire (10 %). Enfin, on note une complexité des relations avec les grands comptes, d’après 9 % des sondés : un tiers se dit insatisfait des relations commerciales avec les grandes entreprises. Pour 22 %, celles-ci pourraient davantage privilégier la qualité de l’offre dans la prise de décision (22 %), encourager les entreprises situées sur le territoire local ou national (20 %) ou respecter les délais de paiement (18 %).
Dans un marché mondialisé, 87 % des dirigeants jugent leur marché de plus en plus concurrentiel. La crainte provient des sociétés étrangères, pour 52 % des sondés, mais aussi des autres PME françaises, d’après un tiers…
Malgré ces difficultés, les entreprises reconnaissent plusieurs facteurs accélérateurs de croissance, à l’image des mesures mises en place pour stimuler l’effort de R & D en France. En effet, le financement public pour l’innovation est reconnu à 28 % comme une mesure phare, suivi par l’excellence de la qualité de la formation académique et la stimulation de la recherche collaborative.

Seules les PME investissent et embauchent


Afin de pallier la baisse des financements accordés par les banques, la moitié du panel s’autofinance. Dans 18 % des cas, les dirigeants devraient geler les investissements à court terme pour la pérennité de leur entreprise. Pour autant, près d’un quart affirme mener des investissements matériels à court terme, comme l’achat de machines. Malgré un contexte économique morose, les entreprises sont plus nombreuses à avoir embauché que licencié (41 % vs 9,5 %). Les CDI arrivent en tête dans 94 % des cas, suivis des CDD pour plus d’un tiers. Notons, par ailleurs, que 35 % des sociétés ont recruté au moins une personne en CDI et une en CDD ou par intérim. Plus de la moitié des recrutements atteste d’un diplôme supérieur à bac+2 (profil technique et/ou scientifique, forces de vente renforcées). Les entreprises comptent poursuivre sur cette lancée, car près de 50 % des répondants vont investir dans les ressources humaines afin de développer leur R & D, via un recrutement (27 %) ou un plan de formation (21 %).

Les PME, familières du financement public


De nombreux dispositifs de financement (innovation, développement international, investissements…) existent et sont régulièrement réformés pour aider les PME à mieux se développer et accroître leur compétitivité. 97 % des sondés ont déjà utilisé une aide publique pour leur développement. L’innovation arrive en tête, avec le Crédit d’impôt recherche (CIR) à 57 %, puis les aides Oséo Innovation à 42 %. Il s’agit d’une nette évolution par rapport à la précédente étude de Sogedev, où ils n’étaient que 75 % à avoir recours aux dispositifs. En outre, 65 % des PME innovantes cumulent différentes aides. Les entreprises n’y ayant pas recours à ce jour envisagent d’en bénéficier ultérieurement, dont 22 % pour le CIR et 12 % pour Oséo Innovation.
Malgré cet intérêt, les PME peuvent être freinées par au moins un obstacle. En effet, le manque de temps est le principal frein (31 %), suivi de la difficulté à identifier les projets éligibles (28 %) et la méconnaissance du dispositif (23 %). Force est de constater que les freins subsistent et évoluent. En effet, l’étude menée en 2011 indiquait déjà le manque de temps (28 %) comme principal obstacle. La méconnaissance du dispositif reste une difficulté.

Les pistes d’amélioration exprimées par les répondants


- L’instauration d’un environnement fiscal (charges, ajustement du CIR et JEI…), juridique (assouplissement du droit du travail, durcissement des pénalités pour les paiements retardés), et économique plus propice au développement des PME ;
- la conservation et le remaniement des aides publiques à l’innovation pour les PME ;
- une plus grande attractivité du CIR vis-à-vis des PME et une limitation des effets d’aubaine des grands comptes, comme le préconise le rapport Berson ;
- des ajustements portant notamment sur le taux des charges Urssaf exonérées.

(1) Cette étude se fonde sur un audit réalisé entre juillet et septembre 2012, fruit d’une analyse qualitative auprès d’entreprises innovantes résultant d’un questionnaire en ligne envoyé à plus de 5 000 PME. Les petites structures sont au rendez-vous de l’innovation, avec 53 % de répondants correspondant à des TPE de moins de 20 salariés et près d’un tiers à des PME de moins de 50 personnes. Plus de 85 % d’entre elles ont plus de huit ans. Une majeure partie (46 %) provient de l’industrie manufacturière, suivie des services comme l’ingénierie et les études techniques (26 %).