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Manifeste des entrepreneurs contre Hollande : déjà 3 000 signatures

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Six entrepreneurs et investisseurs ont rédigé un manifeste, daté du 19 octobre. Objectif ? Rassembler les entrepreneurs dans leur diversité pour demander au gouvernement une concertation d'urgence « avant que des lois aux conséquences économiques difficilement réversibles ne soient votées ».

Six entrepreneurs et investisseurs ont rédigé, «dans une démarche constructive et indépendante de tout courant politique», un manifeste commun, daté du 19 octobre 2012, afin d'exprimer l'envie de la communauté entrepreneuriale de participer au redressement productif de la France et son incompréhension face à un projet de loi de finances 2013 et à un projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui, « même amendés, découragent la prise de risque et son financement ». Leur objectif : rassembler les entrepreneurs français dans leur pluralité pour demander ensemble au président de la République une concertation d'urgence « avant que des lois aux conséquences économiques difficilement réversibles ne soient définitivement votées ».

Les dirigeants à l'origine du manifeste :
Jean-David Chamboredon (Isai Gestion), Philippe Collombel (Partech International), Marie Ekeland (Elaia Partners), Olivier Mathiot, (PriceMinister/Rakuten), Marc Ménasé (Menlook), Patrick Robin (24h00).

Leurs messages prioritaires :
- la gravité de la situation : même si des efforts importants ont été consentis par le gouvernement, les amendements votés par l'Assemblée nationale apportent des réponses partielles, complexes, et sont sources de multiples injustices et inefficacités économiques. Les modèles de croissance sont particulièrement touchés ; 

- l'appel à concertation immédiate, autour d'hommes et de femmes de bonne volonté et d'experts reconnus, afin de pouvoir mettre en place un cadre législatif favorable à la prise de risque entrepreneurial, et donc à la création des emplois de demain. Il est essentiel que ce dialogue, aujourd'hui inexistant, se noue en toute confiance.
Les six co-auteurs du manifeste le porteront signé à la présidence de la République, et le diffuseront largement dans les médias afin que cette concertation indispensable puisse s'engager.

En trois jours, le manifeste a reçu plus de 3 000 signatures. « Tout le dynamisme et la diversité de l'entrepreneuriat français sont représentés », dixit les dirigeants à l'initiative du projet. De tout jeunes entrepreneurs côtoient des responsables de sociétés au succès emblématique comme Aquarelle, Avanquest, Cdiscount, Criteo, Dailymotion, Deezer, eBuzzing, eMailVision, Kiala, Neolane, PriceMinister, Sensee, SeLoger.com, ShowroomPrivé, Sequans, Smartbox, SolaireDirect, SuperSonicImagine, Vente-privée.com, Voyageurs du Monde, Webhelp, etc.

La liste des 3 000 premiers signataires du manifeste des entrepreneurs du 19 octobre 2012 est disponible en ligne : http://www.francedigitale.org/wp-content/uploads/2012/10/manifeste_entrepreneurs.pdf.

Le texte du manifeste :
Monsieur le Président,
Les signataires de ce texte appartiennent à la France qui crée des emplois et est tournée vers le monde de demain.
Vous êtes le garant du long terme et du bien commun. Les circonstances actuelles nous conduisent à nous adresser à vous directement car, dans le débat actuel, si nous sommes écoutés, nous ne sommes pas entendus.
Notre démarche n'est pas partisane ; nous avons fait, faisons et ferons très attention de ne pas être récupérés politiquement.
Nous sommes unis par une démarche et une ambition : participer à l'effort de redressement de notre pays.
Nous ne vous écrivons donc pas pour défendre quelque avantage ou pour ne pas payer d'impôts : tous les signataires de cette lettre investissent, créent des emplois et paient leurs impôts en France.
Nous souhaitons instaurer un dialogue responsable et constructif avec vous. Il en va de l'avenir de la France.
1. La France dispose d'un atout extraordinaire : la qualité et le dynamisme de sa jeunesse, de cette génération sans complexe, agile, polyglotte, parfaitement à l'aise avec les outils numériques.
2. Cette jeunesse, nous comptons sur elle pour redresser le pays. C'est elle qui va créer les emplois de demain, compétitifs et localisés en France ; ces entrepreneurs en devenir sont vos chevau-légers, Monsieur le Président.
3. Cette jeunesse a en effet compris que l'aventure entrepreneuriale est sans doute l'une des façons les plus épanouissantes de mener une carrière professionnelle. De ce point de vue, nous revendiquons modestement de lui avoir montré le chemin. Beaucoup d'entre nous dédient leurs journées, leurs soirées ou leurs week-ends à aider d'autres entrepreneurs plus jeunes en leur donnant conseils et financements. Nous prenons tous beaucoup de risques et nous souhaitons que cela soit reconnu et pris en compte.
4. L'aventure entrepreneuriale permet également la mobilité sociale qui manque trop souvent en France ; la diversité des origines sociales, culturelles, et de formation des signataires de cette lettre en atteste aisément.
5. Le projet de Loi de Finances et le projet de Loi de financement de la Sécurité sociale font peser un risque immédiat sur ce que nous avons bâti ensemble depuis 15 ans. Ces projets détruiraient irrémédiablement l'écosystème de la création d'entreprises de croissance en France, qui est devenu l'un des deux meilleurs en Europe par nos efforts et le soutien des pouvoirs publics.
6. Nous reconnaissons que le gouvernement a réagi rapidement lorsque certains d'entre nous ont commencé à manifester ouvertement leur inquiétude à ce sujet. Nous le répétons solennellement ici : c'était une réaction de survie.
Néanmoins, les amendements votés par l'Assemblée nationale apportent des réponses partielles, complexes, et seront source de multiples injustices et inefficacités économiques. Il faut désormais un signal fort pour rassurer les entrepreneurs et toute la chaîne de financement des entreprises de croissance.
Nous voulons mettre en garde le gouvernement contre les conséquences difficilement réversibles de certaines dispositions du projet de Loi de Finances et du projet de Loi de financement de la Sécurité sociale.
C'est pourquoi nous demandons une concertation urgente, autour d'hommes et de femmes de bonne volonté et d'experts reconnus.  Les choix à faire aujourd'hui engagent l'avenir de notre pays pour les 30 prochaines années autant que ceux que fit l'un de vos prédécesseurs en mars 1983.
Monsieur le Président, vous êtes le seul à avoir la liberté de nous entendre.

Jean-David Chamboredon, Isai Gestion
Philippe Collombel, Partech International
Marie Ekeland, Elaia Partners
Olivier Mathiot, PriceMinister/Rakuten
Marc Ménasé, Menlook
Patrick Robin, 24h00