Aromates, une TPE qui mise sur le télétravail

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Qui a dit que le télétravail est réservé aux grands groupes ? L'agence RP Aromates (sept collaborateurs) prouve le contraire : elle a instauré ce mode de travail depuis des années. Le point avec son président, Jacques Marceau, pour qui le télétravail dénote surtout d'un état d'esprit managérial.

Jacques Marceau, président de l'agence Aromates

Jacques Marceau, président de l'agence Aromates

Seules 22 % des entreprises recourent au télétravail selon les derniers chiffres officiels de l’Insee datant de 2009. Parmi lesquelles une majorité de grands groupes. En effet, 65 % des sociétés de plus de 250 salariés l’utiliseraient contre 27 % des PME de 20 à 250 salariés et seulement 15 % des entreprises de 10 à 19 salariés.

Aromates, agence de relations publiques francilienne de sept salariés, fait partie de ces très petites sociétés. Sa petite taille et sa structure peu hiérarchisée permettent de moduler le télétravail au cas par cas. Si bien que pour Jacques Marceau, son président, c'est devenu plus qu’un mode de fonctionnement, c’est un état d’esprit. « Il est vrai que le travail à distance s'adapte particulièrement à notre secteur d’activité et à notre fonctionnement quotidien. C'est pourquoi nous le pratiquons depuis des années », affirme-t-il. Une habitude salutaire en cas de grève des transports en commun ou de grossesse difficile.

Un management par objectifs
« Que ce soit à leur domicile, dans le train ou en avion, peu importe de quel endroit mes collaborateurs travaillent. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, nous sommes capables de twitter des informations ou d’envoyer des communiqués de presse de n’importe où. Quand vous faites confiance aux gens, ils vous le rendent. »

Ce fonctionnement a d’ailleurs fait évoluer sa manière de diriger depuis la création de l’agence en 1987. « Avant j’étais plus attentif aux horaires d’arrivée et de départ. Désormais, je fais preuve de plus de souplesse. Je pratique un management par objectifs très axé sur la transversalité et non sur le contrôle. »

Cette large marge de manœuvre accordée à ses salariés nécessite néanmoins quelques ajustements, notamment en termes d'équipements. Aromates fait en sorte qu’ils travaillent à distance dans les meilleures conditions. À commencer par l’installation d’ordinateurs professionnels chez certains salariés ou le remboursement des télécommunications.

Isolement, déstructuration, aliénation professionnelle… Jacques Marceau est conscient des risques liés au télétravail. Il veille d'ailleurs à respecter la vie privée de ses collaborateurs. « Je m’abstiens de les appeler en dehors des heures habituelles de travail. Pour eux comme pour moi, il faut aussi veiller à domestiquer les outils afin qu’ils ne débordent pas sur la sphère familiale et personnelle. » Symbole de cet engagement pour l'équilibre et le bien-être de ses salariés, Aromates est l'une des 359 structures signataires de la charte de la parentalité en entreprise, qui mettent en place des actions concrètes en faveur de la parentalité.

Le bureau reste un lieu d'échanges
Si ses salariés télétravaillent quand ils le souhaitent, le président d’Aromates insiste sur le fait que le bureau doit rester un lieu de rencontres et de saine émulation. « Une équipe, ça se vit et ça ne peut pas se contenter d’échanges électroniques », assure-t-il. Ainsi, des réunions collectives régulières sont organisées.

Pour Jacques Marceau, l’adoption de la loi du 29 février 2012, qui clarifie entre autres le cadre juridique du télétravail, est une bonne chose mais ne changera presque rien à l’échelle de son entreprise et, plus généralement, à celle de la société française. « Aujourd’hui, les individus, tant dans leur vie personnelle que professionnelle, s’affranchissent des frontières du temps et de l’espace. La notion même de travail a évolué. Parler de télétravail devient dès lors presque anachronique. »

Bref, le télétravail est un atout accessible aux PME. D'autant que selon une étude Citrix, datant du 23 février 2012, 72 % des salariés français le considèrent comme un argument dans la recherche d'un emploi. 56 % des personnes interrogées n'ont pas la possibilité de télétravailler, alors que plus de la moitié d'entre elles souhaiteraient pouvoir le faire. 87 % des personnes interrogées pensent que le télétravail permet d'être autant voire plus productif.