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Climax change le monde

Publié par Véronique Meot le - mis à jour à
Climax change le monde

Organisé par Darwin, lieu alternatif bordelais emblématique de la transition écologique, le festival Climax mêle débats, réflexions et divertissements pendant quatre jours. Son secret ? Une certaine vision du monde et de l'économie. Alternatif.

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Créé en 2015 à Bordeaux, à la caserne Niel, le festival éco-responsable Climax propose, pendant quatre jours, des concerts, des conférences, des expositions et des épreuves de sports urbains, en présence d'ONG (trois villages dédiés ont réuni, en 2018, 50 associations), le tout sur fond de restauration 100% veggie et bio. Cette année, la cinquième édition (du 5 au 8 septembre) invite à la protection de l'Amazonie, des forêts et à la reconnaissance des cultures qu'elles font vivre.

Le budget global de l'édition 2018 (30 000 festivaliers) s'élève à 750 000€. Le festival est financé, dans les mêmes proportions, par ses ressources propres, les subventions et le mécénat. L'objectif de l'équipe est d'atteindre l'équilibre avec l'édition 2019. Grâce à sa politique tarifaire attractive, Climax souhaite s'imposer comme un festival ouvert à tous, mais doit faire face à l'augmentation des coûts liés à son organisation (coûts artistiques, de sécurité et techniques).

Manager avec bienveillance et agilité

Parce qu'il est un entrepreneur au sens ­stoïcien du terme - il développe une approche pragmatique en prise avec son environnement réel -, Philippe Barre, le patron du lieu alter­natif Darwin, aime à rappeler que le terme "management" vient du français "ménagement". Celui qui a imposé un nouveau modèle économique à Bordeaux ne fait pas de distinction, en matière de méthodes de travail, entre ses entreprises capitalistiques et les entreprises associatives.

Climax emploie trois personnes à temps plein tout au long de ­l'année. Loin d'être en nombre suffisant, les membres de l'équipe peuvent compter sur la mobilisation des collaborateurs des autres entités dirigées par Philippe Barre, qui viennent leur prêter main-forte. "Nous signons des conventions qui nous permettent de créer de l'agilité et du mouvement entre les structures, explique le dirigeant bordelais. Au lieu de subir un engourdissement au quotidien, les ­collaborateurs sortent ainsi de leur zone de confort et s'enrichissent d'expériences nouvelles. Ils apportent leurs compétences et leur créativité à l'évènement."

Créer du lien par l'évènementiel

Inviter le public - ses clients - comme ses ­collaborateurs à prendre part à des débats de haut vol pour éveiller les consciences, à assister à des conférences qui dérangent, à réfléchir à des problématiques concrètes, telle est ­l'ambition du fondateur du festival Climax. Mais ici, pas question d'impliquer sans donner à voir, sans instaurer ce balancier permanent entre prise de conscience et plaisir.

Le festival bordelais, qui ambitionne de déclarer l'état d'urgence ­climatique et solidaire, n'oublie pas, en effet, sa vocation première. D'où une programmation culturelle plus qu'attrayante et des espaces de gratuité pour satisfaire le plus grand nombre. Ainsi, à côté des têtes d'affiche, dont les cachets prohibitifs obligent les orga­nisateurs à faire payer les entrées, des miniconcerts ­gratuits sont organisés dans la journée. Des places sont également offertes à des maisons de quartier, qui les redistribuent à des jeunes... Résultat, un taux de remplissage de 100% sur quatre jours.


Établir le juste prix

"Le juste prix, selon saint Thomas d'Aquin, est celui qui est juste pour le vendeur, pour l'acquéreur et pour le collectif, c'est ce que j'essaie de reproduire à Climax", déclare Philippe Barre. Ne jamais oublier que, dans un deal, il peut y avoir une externalité négative. Voilà l'idée qui anime l'initiateur du festival bordelais.

Les questions liées à l'intérêt de la communauté sociale, à l'environnement et au développement "soutenable" - terme que le dirigeant préfère à "durable" communé­ment utilisé - devraient être prises en compte afin de fixer le juste prix d'un produit. Par conséquent, chaque entreprise devrait ajouter à sa propre équation cette inconnue plurielle (écologique, sociale, rapport Nord/Sud... ).

Cette troisième voie, plus vertueuse et portée par Climax, pourrait ainsi être dupliquée dans toutes les négociations commerciales menées par les entreprises. Car, au-delà de la négociation purement financière, il y aurait aussi beaucoup à gagner en termes de partage de valeurs...

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Céline Tridon,<br/>rédactrice en chef Céline Tridon,
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