La France séduit les investisseurs allemands

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La France séduit les investisseurs allemands

Une étude EY pour la Chambre franco-allemande de commerce et d'industrie fait état du regain d'attractivité de l'Hexagone auprès des investisseurs allemands. Un intérêt manifeste qui n'empêche pas les dirigeants allemands d'attendre une plus grande flexibilité du marché du travail français.

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La relation franco-allemande se bonifie. D'après une étude réalisée par EY pour la Chambre franco-fllemande de commerce et d'industrie publiée vendredi 19 octobre 2018, l'impression des dirigeants allemands au sujet du marché français a littéralement changé, en l'espace de deux ans. Le nombre de dirigeants jugeant la situation économique française satisfaisante a plus que doublé à 90 % d'opinion favorable, contre 46 % en 2016.

Un changement radical d'attractivité de la France, qui s'explique selon Jörn Bousselmi, directeur général de la CCI Franco-Allemande, par "ses réformes, sa grande capacité d'innovation et sa volonté de placer la numérisation et l'intelligence artificielle au centre du développement économique".

Selon l'étude, les points forts de la France se situent autant du côté du marché intérieur "vaste et stable" que des infrastructures qualitatives ou du haut niveau de technicité des entreprises. Le cadre de vie français, la qualité de l'offre de formation en management et en ingénierie, ainsi que la forte créativité ou la puissance du système de R & D sont valorisés par les acteurs économiques allemands. Des atouts qui s'illustrent par les 45 % de dirigeants d'entreprises allemandes installés en France qui estiment leur niveau d'activité comme bon. Ils n'étaient que 18 % en 2014 et 22 % en 2016.

Un bilan plus que satisfaisant qui se traduit également sur les perspectives d'investissement des Allemands sur le territoire français. Plus d'un investisseur allemand sur deux prévoit une évolution positive de leur investissement à court terme (54 %) comme à moyen et long terme (56 %). Les entreprises sont également de la partie puisque 43 % d'entre elles prévoient d'investir sur le territoire français et souhaitent même augmenter leurs effectifs.

Des exigences toujours plus élevées

Toujours est-il que la relation entre la France et l'Allemagne peut encore s'améliorer, à en croire les retours des investisseurs d'outre-Rhin. Et les efforts demandés portent aussi bien sur la compétitivité du marché français, la réglementation ou le marché du travail.

Ces exigences s'appuient à la fois sur le souhait des Allemands de voir les entreprises françaises mieux s'approprier la transformation numérique et les problématiques d'innovations - un investisseur sur deux attend plus d'efforts -, que sur une meilleure transparence quant aux évolutions fiscales. La question du marché du travail est également un sujet clé pour les investisseurs allemands qui attendent davantage de flexibilité ou une simplification du droit du travail.

Enfin, si la transformation du CICE en baisse de charges pérenne est saluée malgré son application sur les bas salaires uniquement, il n'en demeure pas moins que la rigueur allemande transparaît dans le gros défi que la France a à relever : la maîtrise des dépenses publiques et la réduction de la dette.

Méthodologie : Cette étude a été réalisée auprès d'entreprises du secteur de l'industrie (44 %), de la distribution (43 %) et des services (13 %). Au total, elles représentent 49000 employés dont 70 % de PME de moins de 250 salariés.




Pierre Lelièvre

Pierre Lelièvre

Journaliste

Depuis juin 2016, je suis journaliste pour Chef d’Entreprise, Commerce magazine, Artisans mag’. Intéressé par le monde de l’entreprise, j’écris sur tous [...]...

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