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Thomas Rebaud, CEO de Meero : "On veut aider les photographes à boucler leur fin de mois"

Publié par Mathieu Viviani le | Mis à jour le
Thomas Rebaud, CEO de Meero : 'On veut aider les photographes à boucler leur fin de mois'

Après seulement trois ans d'existence, la start-up française Meero, qui permet la mise en relation de photographes avec des clients du monde entier, vient de lever 203,7 millions d'euros. Un record dans la French Tech depuis BlaBlaCar. Interview de Thomas Rebaud, 31 ans, CEO et co-fondateur.

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C'est votre troisième levée de fonds en à peine trois ans et celle-ci pèse 203,7 millions d'euros, à quoi va-t-elle servir ?

Aujourd'hui, on est 600 employés chez Meero et on souhaite passer à 1200 d'ici la fin de l'année, notamment en recrutant de nombreux profils orientés tech. On veut aussi se lancer sur le BtoC en proposant des sujets comme les baptêmes, les mariages ou la photo-portrait. Vu qu'on ambitionne d'être leader sur notre activité au niveau mondial, il va falloir des investissements dans la tech et dans le recrutement des photographes sur notre plateforme.

Quel est le business model de Meero ?

Il y a deux parties bien distinctes. La première est la plateforme de mise en relation rapide et efficace des photographes avec des clients. Grâce à elle, nous pouvons livrer des millions d'images par mois. C'est majoritairement du BtoB pour le moment. Nous prenons une commission sur les missions des photographes et nous nous assurons qu'ils soient bel et bien rémunérés.

Jusque-là, les clients de ces photos sont des entreprises de l'immobilier, du voyage et de la restauration comme Booking.com, Deliveroo, Uber ou L'Oréal. Il leur faut des images de qualité avec un format standard. Ce type de retouche est donc effectué par un logiciel IA qu'on a développé.

Le deuxième partie du modèle est consacrée à ce que j'appelle "le bien-être des photographes". C'est une activité qui ne rapporte pas d'argent. C'est une conviction, un parti pris. Il y a trois mois, on a lancé myMeero, une plateforme gratuite sur laquelle les photographes peuvent gérer leur comptabilité, la relation clients avec qui ils travaillent en dehors de Meero, la production de devis ou de factures.

On a aussi lancé un magazine de photojournalisme qui s'appelle Blind, un service de production de documentaire-photo, une fondation qui finance des photo-reportages et des masterclass où nous invitons les meilleurs photographes du monde.

Comment vous est venue l'idée de créer Meero ?

En rencontrant ma femme (rires) ! Ce n'est pas une blague, c'est véridique. Elle était danseuse et à son contact, je me suis rendu compte de la difficulté de vivre dans le secteur artistique. On fait de nombreux casting, on se prépare, on met toute son énergie pour bien souvent récolter une fin de non-recevoir. C'est très dur je trouve.

J'ai commencé à me demander comment aider les artistes à boucler leurs fins de mois. Vu que je suis un obsédé de l'innovation, je me suis dit qu'on pouvait trouver une idée en ce sens. Le premier élément où on pouvait agir est sur leur revenu. J'ai choisi les photographes car je pense qu'on est toujours meilleur dans un domaine qu'on connaît peu, même si je faisais quelques photos en amateur. Combien d'amis photographes m'ont dit qu'ils galéraient...

Vous ambitionnez d'être le prochain Uber de la photo ?

Non, ce n'est pas l'idée. On veut garder notre conviction de départ. Aider le maximum de photographes à être mieux payés dans le monde. Je ne suis pas sûr qu'Uber soit dans cette démarche. Aujourd'hui, on est en forte croissance certes, mais ce qui est important, c'est l'engagement de nos utilisateurs, les photographes, toujours et encore.

Un conseil pour les créateurs de start-up ?

Fixez-vous des objectifs et tenez-y vous. C'est simple mais très efficace.

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