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Shoemakers, le savoir-faire français pour des chaussures enfant de qualité

Publié par Mathieu Viviani le - mis à jour à
Shoemakers, le savoir-faire français pour des chaussures enfant de qualité

Parmi les derniers fabricants de chaussures infantiles en France, le groupe Shoemakers croit en son atout principal : la qualité. Portrait d'une PME qui résiste au vent du prêt-à-porter bon marché et... au coronavirus.

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Pom d'Api, Choo Pom, Clotaire, Adolie, 10 IS... Plusieurs générations d'enfants ont foulé la cours de l'école avec ces marques de chaussures aux pieds, réputées pour leur confort et leur vertu orthopédique. La maison-mère de ces souliers n'est autre que la célèbre cordonnerie vendéenne Rautureau, créée... en 1870 !

Préserver un savoir-faire français

Cette qualité et ce savoir-faire français, c'est ce qui a convaincu Alexandra Bois de se lancer dans l'entrepreneuriat. En 2015, accompagnée par des actionnaires de confiance, elle reprend en "spin-off" les marques Pom d'Api, Choo Pom, Clotaire, Adolie et 10 IS, sous l'égide d'un nouveau groupe, Shoemakers.

La voix enthousiaste, elle précise les raisons de son projet : "Après avoir travaillé dans le conseil aux entreprises durant de nombreuses années, je voulais passer de l'autre côté. Je ne sais pas ce qui m'a pris, sûrement la crise de la quarantaine (rires) ! Blague à part, mon ambition était claire : préserver un fleuron de la cordonnerie française. A ce moment-là, il était convoité par un repreneur chinois. En France, il n'y a quasiment plus de fabricants de chaussures pour enfant et encore plus rares sont ceux ayant un réseau de boutiques dédiées. L'aspect commerce de proximité m'intéressait aussi."

Qualité et innovation VS bon marché

Malgré la compétition féroce de la basket et un marché du prêt-à-porter très concurrentiel , aujourd'hui Shoemakers vend en moyenne 500 000 paires à près de 250 000 clients par an. La PME, qui compte actuellement 190 collaborateurs, a enregistré un chiffre d'affaires avoisinant les 16 millions d'euros en 2019.

Pom d'Api, sa griffe la plus connue, propose les souliers les plus haut de gamme avec des prix moyens qui avoisinent les 90 euros. Onéreux à l'heure du prêt-à-porter bon marché ? L'entrepreneure répond : "C'est le prix d'une chaussure pour adulte et nous avons conscience du budget que cela représente. Mais c'est le prix de la qualité. En général, nos clients viennent chez nous pour cela. Pourtant, la majorité de nos clients ne sont pas ceux qui ont le plus gros pouvoir d'achat. Ils achètent chez nous car ils souhaitent faire attention à la santé de leurs enfants et pour que les chaussures durent dans le temps."

Le principal de l'activité de Shoemakers est toujours installé en Vendée, à Chambretaud, sa ville d'origine. "C'est ici que que se trouve notre siège social, notre atelier de création et notre bureau d'étude, la pierre angulaire de nos chaussures. Chez nous, l'innovation et la qualité priment. Nous testons nos propres souliers, nous achetons nous-mêmes la matière première pour les confectionner et nous suivons leur fabrication de A à Z, jusqu'à la production dans notre usine en Tunisie avec qui nous travaillons depuis 25 ans", ajoute Alexandra Bois.

L'entreprise possède 15 boutiques physiques affiliées directement à ses marques phares en France, Pom d'Api et Shoo Pom en l'occurrence. Un réseau de 300 commerçants indépendants vendant ses modèles complète ses points de vente. Sans oublier l'international, que Shoemakers soigne depuis 5 ans maintenant.
Le groupe possède en effet des magasins en Belgique, Suisse, Liban, Koweit, Algérie et dans la fédération de Russie. "La vente sur le web a été accélérée aussi, notamment pour répondre à nos commandes de l'étranger. La marché asiatique est un de nos objectifs dans un futur proche", détaille la CEO.

Surmonter la vague du coronavirus

D'un coup son ton se fait plus lourd lorsqu'elle évoque les conséquences économiques de la crise sanitaire actuelle : "Pour être tout à fait transparente, j'ai du mal à avoir de la visibilité sur les trois mois qui viennent. La crise du coronavirus a mis notre secteur quasi à l'arrêt. Les délais de production rallongés constituent un vrai problème notamment. Notre réseau de boutiques a pris un gros coup en matière de chiffre d'affaires et de fréquentation. Je ne suis pas pessimiste de nature, mais il y a une immense vague à surmonter devant nous..." Le souhait de l'entrepreneure ? Que les Français continuent de soutenir leurs marques favorites.

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