La revue de presse éco de la semaine (22 au 25 octobre)

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La revue de presse éco de la semaine (22 au 25 octobre)
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Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité économique cette semaine ? La rédaction vous propose de découvrir ce que vous avez pu rater du 22 au 25 octobre 2018. Au programme : industrie, Brexit, travailleurs saisonniers, défiance du fisc, vacances illimitées, ICO et emplois.

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L'industrie investit moins dans la protection de l'environnement

Les investissements des entreprises industrielles dans la protection de l'environnement sont en baisse de 17 % sur un an. Avec 1,1 milliard d'euros investi en 2016, selon l'Insee, l'investissement des entreprises de plus de 20 salariés se concentre davantage dans la protection de l'air ou du climat avec 447 millions d'euros investis. Suivent les eaux usées (197 millions), les déchets (145 millions), la protection et la dépollution des sols (123 millions) et enfin la protection de la biodiversité (plus de 100 millions), selon Les Échos.

Logiquement, ce sont les grandes entreprises qui sont le plus engagées puisqu'elles sont à 98 % à investir dans la protection de l'environnement, contre un quart des PME de 20 à 49 salariés. Parmi les secteurs, ce sont ceux de l'énergie, de la chimie et de l'agroalimentaire qui sont les plus gros investisseurs... même s'ils restent les plus gros pollueurs. À noter, les dépenses dans les études ont, à l'inverse, augmenté de près de 5 % en un an.

Brexit : le gouvernement essaie de rassurer les entreprises

Les PME "doivent se préparer à toutes les options". L'aveu provient des services de Bercy et arrive au moment où le Brexit pourrait fortement toucher le tissu d'entreprises françaises. Pour tenter de rassurer les acteurs économiques, le ministère de l'Économie a rencontré mardi 23 octobre 2018 les fédérations professionnelles, rapporte La Tribune.

Alors qu'aucun accord définitif n'a été trouvé pour préparer la sortie définitive des Britanniques de l'UE au 30 mars 2019 et que 30 000 entreprises françaises exportent vers le Royaume-Uni, l'addition pourrait être salée.

Bercy entrevoit deux scénarios de sortie : le premier envisage une phase de transition pour les exportations françaises avec les droits et obligations actuels jusqu'à la fin 2020 ce qui permettrait de laisser plus de temps aux entreprises pour se préparer. L'autre hypothèse s'appuie sur une absence d'accord entre les parties et l'application immédiate des droits de douanes et le rétablissement de certaines obligations sur les importations et exportations.

L'enjeu est conséquent pour les PME à qui Bercy conseille de réaliser un auto-diagnostic sur les conséquences probables pour leurs activités et d'identifier les mesures à mettre en place pour en limiter l'impact.

Travailleurs saisonniers : l'exonération de charges patronales prolongée

L'exonération de charges patronales sur les contrats saisonniers devait être supprimée en même temps que d'autres niches sociales à l'occasion de la transformation du CICE en allégement de charges, mesure prévue dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019. Mais au dernier moment, les députés ont convaincu le gouvernement de ne pas supprimer l'exonération TO-DE (travailleurs occasionnels-demandeurs d'emploi).

Dès lors, les emplois concernés bénéficieront encore du dispositif pour deux nouvelles années. L'allégement maximum concerne les salaires jusqu'à 1,15 SMIC, précisent Les Échos.

La défiance des entreprises face au fisc reste forte

"Inverser le sablier", voilà ce que veut l'administration fiscale pour mettre fin à la défiance entre les entreprises et le fisc. Une démarche qui passe par une évolution des méthodes de travail de l'administration. Tandis qu'aujourd'hui, les fonctionnaires de Bercy chargés de vérifier les irrégularités, en cas d'alertes, vont directement contrôler les entreprises, la nouvelle pédagogie en train d'être instillée prône davantage un rôle d'accompagnateurs des entreprises dans leurs démarches fiscales. Une relation de confiance que souhaite mettre en place l'administration qui devra se conjuguer avec un changement de culture des dirigeants d'entreprises, précisent Les Échos.

Les entreprises restent, en effet, encore trop méfiantes à l'idée d'une trop grande transparence avec les services du fisc. L'expérimentation lancée en 2013 pour améliorer les relations entre la Direction générale des finances publiques (DGFIP) a eu du mal à trouver des entreprises volontaires.

Les vacances illimitées, nouvel eldorado managérial ?

Qui ne rêve pas de prendre plus que ses cinq semaines de congé règlementaires ? Certaines entreprises font le choix de laisser la liberté à leurs salariés de prendre le nombre de jours de congé qu'ils souhaitent. Une, deux, voire trois semaines de plus dans l'année pourrait néanmoins s'avérer problématique pour l'entreprise.

LCI a interrogé plusieurs dirigeants ayant mis en place les congés illimités et "le bilan montre curieusement qu'aucun excès n'a été enregistré". Tandis que certains se contentent de leurs cinq semaines, d'autres profitent plus de cette liberté qui responsabilise le salarié.

Une confiance qui permet au salarié de mieux s'organiser dans son travail, libre d'estimer s'il peut ou non s'octroyer quelques jours supplémentaires. D'autant que pour un promoteur immobilier interrogé, la liberté accordée a permis de ne pas constater de burn-out ou d'arrêts maladie. Une mesure qui va dans le sens d'une meilleure qualité de vie au travail.

Le nombre de levées de fonds en ICO diminue

Le ciel s'assombrit sur le phénomène des levées de fonds en ICO. Les émissions de jetons numériques connaissent depuis plusieurs mois "un ralentissement marqué", explique La Tribune. Pourtant, la méthode de financement s'annonçait comme révolutionnaire, en témoignent les 4 milliards de dollars levés l'an passé par ce biais. Plusieurs études font part d'un très net ralentissement en 2018 : les montants levés depuis janvier ont diminué de 90 % selon le cabinet Autonomous Research.

Le média rappelle que l'absence de régulation de la technologie blockchain et le buzz qui s'est créé autour de ce nouveau moyen de financement rapide et facile ont permis l'envolée de ce type de financement.

Les déclarations d'embauche au plus haut

Signe que les entreprises continuent d'embaucher, les déclarations d'embauche s'affichent à leur plus haut niveau au troisième trimestre de l'année avec 2,14 millions de déclarations, soit une augmentation de plus de 6 % sur un an. Selon l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), la note conjoncturelle évoque un "pic historique" depuis 2000. Dans le détail, ce sont les embauches en CDI qui progressent le plus au 3e trimestre avec +10 % sur un an, suivi des CDD de plus d'un mois (+2,5 %) et des CDD de moins d'un mois (2,2 %).

Un environnement favorable qui n'empêche pas d'illustrer une certaine précarité du marché de l'emploi puisque les CDD très courts (moins d'un mois) représentent toujours près des deux tiers du total, quand les CDI ne représentent qu'une embauche sur six ou sept, rapportent Les Échos.


Mickaël Deneux et Pierre Lelièvre

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