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DossierCES 2018 : 3 entrepreneurs racontent leur salon

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2 - Energysquare : "Cette année a été beaucoup plus prolifique"

Start-up spécialisée dans les chargeurs sans fil, Energysquare participait pour la deuxième fois au CES. Pourquoi y retourner ? Quelles différences entre les deux participations ? Quelles sont les clés du succès ? Son président Timothée Le Quesne, qui n'a pas lésiné sur la préparation, témoigne.

Pour la seconde année consécutive, Daniel, Matthieu et moi nous sommes rendus à Las Vegas pour y présenter les dernières innovations de notre startup (Energysquare) lors du Consumer Electronic Show - CES 2018.

A relire : Energysquare avait livré en janvier 2017 le récit détaillé de son premier CES

La question d'une deuxième participation a été au coeur de nos discussions une bonne partie du mois de septembre 2017. Cela vaut-il vraiment le coup, pour une très jeune entreprise, de dépenser 10 000 euros (stand, vols, hôtel etc.) et d'arrêter ses opérations une semaine pour envoyer toute son équipe sur un salon ? Le CES est-il réellement l'incontournable " messe de l'électronique " décrite par les influenceurs de la tech, ou les startups françaises sont-elles victimes d'un effet de mode ?

Timothée Le Quesne sur son stand au CES 2018, avant la cohue.


Nous avons pesé très objectivement le pour et le contre, et avons finalement décidé de rééditer l'aventure pour deux raisons :

- Nos principales cibles sont les fabricants d'appareils électroniques, qui sont tous sur place pendant quatre jours, en recherche d'innovations à intégrer à leurs futurs produits. C'est donc l'endroit parfait pour se faire repérer et engager des premières discussions.

- Nous étions sur le point de lancer un nouveau produit, et avions besoin de le confronter à nos potentiels futurs clients. Dans notre activité, nous avons finalement peu d'occasions de sortir la tête de l'eau pour prendre du recul sur nos choix stratégiques. Quoi de mieux qu'un salon ultra cosmopolite au public expert pour valider l'adéquation d'un nouveau produit à son marché ?

La préparation, clef d'un CES réussi !

C'est la principale leçon que nous avons retenue de l'an dernier : tout se joue avant le salon, qui n'est que l'aboutissement d'une démarche murie bien plus en amont. Nous avons donc passé plus d'un mois à préparer cet événement : discours commercial, cibles prioritaires et façon de les aborder, mise en scène du stand, prototypes fonctionnels... Pour un résultat bien plus professionnel que l'an dernier !

Cette préparation mieux travaillée s'est ressentie concrètement durant notre salon : nous pouvions enfin répondre aux personnes nous demandant les quantités de produit disponibles, le prix, le temps de livraison, les conditions de vente etc... Nous avons ainsi été pris bien plus au sérieux par nos interlocuteurs, et avons eu des contacts de meilleure qualité.

Petit conseil donc aux startups hésitant à participer : ce salon n'est profitable que si l'entreprise a un but précis (couverture médiatique, contact revendeurs, partenariat industriel ou autre) et une stratégie rodée pour y parvenir !

Les rencontres se multiplient dans l'espace dédié à la French Tech, au CES 2018.


Deux salons, deux expériences bien différentes

Nous avions un grand regret à l'issue de notre première participation : notre produit n'était pas prêt à la commercialisation, et malgré le grand nombre de contacts de qualité sur place, nous n'avions pas pu donner suite pour beaucoup d'entre eux, étant encore concentrés sur l'industrialisation. Cela nous avait laissés sur une note assez amère, et la sensation d'avoir finalement perdu du temps et des moyens.

Cette année a donc été beaucoup plus prolifique : nous avions un produit et une technologie prête à la commercialisation, et une stratégie beaucoup mieux rodée. Nous y avons fait des rencontres qui pourront faire changer notre entreprise de dimension, et en aurons bien pour un an avant d'avoir épuisé la réserve de prospects rencontrés sur place !

Après avoir discuté avec d'autres entreprises présentes sur place, nous avons eu l'impression que l'édition 2018 a été moins fréquentée que l'édition 2017 (qui marquait les 50 ans du salon), mais avec des contacts d'une qualité bien supérieure.

Nous y avons toujours croisé autant de français (quasi une personne sur deux à venir sur notre stand). La délégation française a d'ailleurs été au coude à coude avec celle américaine sur l'Eureka Park (espace réservé aux startups) en termes de startups exposant, très loin devant les autres pays ! [Avec 320 start-up et scale-up, la France constituait la deuxième délégation mondiale derrière les États-Unis, qui ont amené au salon 280 jeunes pousses, ndlr] La French Tech a été saluée par tous pour la puissance de sa stratégie de communication et de rassemblement.

Nous repartons donc satisfaits mais exténués, après quatre jours passés à répéter avec conviction le même discours toutes les minutes !

L'auteur/ La start-up

Timothée Le Quesne est président cofondateur d'Energysquare. Créée en 2015, incubée à Paris&Co, cette start-up est spécialisée dans les chargeurs sans fil pour smartphones et tablettes. Son produit phare se présente sous la forme d'une plaque, sur laquelle il suffit de poser son appareil électronique préalablement équipé d'une languette adhésive pour le recharger.

Après une phase de développement de l'entreprise marquée notamment par une campagne de crowdfunding sur Kickstarter en juin 2016, ayant permis de lever plus de 95 000 euros, le produit est en passe d'être commercialisé. La start-up propose également un chargeur d'ordinateur intégrable dans les meubles et un standard d'intégration directement dans les appareils électroniques.

Energysquare a réalisé 100 000 euros de chiffres d'affaires en 2017. Elle compte quatre personnes dont, outre son président, Daniel Lollo, CTO et Matthieu Poidatz, designer. Son effectif pourrait être porté à dix à fin 2018.

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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