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Publié par Céline Tridon le | Mis à jour le

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En septembre 2018, vous avez levé 70 millions d'euros. Quels sont vos objectifs avec ce tour de table ?

L'un des premiers enjeux est de continuer à se développer à l'international. Actuellement, la moitié de notre chiffre d'affaires est réalisé à en dehors de la France. Nous voulons aller encore plus loin et mettre un pied aux Etats-Unis. Nous prévoyons d'y être dans le courant de l'année 2019. C'est pour cela qu'un fonds américain, Level Equity, a participé à cette levée de fonds. Les Etats-Unis seront notre premier marché hors-Europe et c'est un vrai challenge. Il faudra adapter le site au marché américain : les offres doivent être différentes. Les Américains ne voyagent pas de la même manière que les Français. Déjà ils ont moins de vacances : il leur faut donc des offres plus courtes, avec des niveaux de gamme plus élevés. La communication doit aussi être plus efficace et rapide.

Notre volonté est de construire une marque qui soit mondiale. Pour cela, il faut que les équipes reflètent cette ouverture au monde. Chez Evaneos, il y a 22 nationalités et 12 langues parlées...

Comment parvenez-vous à fédérer des collaborateurs issus des quatre coins de la planète ?

Une chose importante dans toutes les entreprises et notamment chez nous, c'est le travailler ensemble. C'est la collaboration, la communication. Chez Evaneos, nous croyons assez fort que d'être dans les mêmes bureaux, ça rassemble les équipes et permet d'être plus efficace. Aussi, nous avons une particularité : nous développons Evaneos à l'international depuis Paris. Nous n'avons pas de bureau à l'étranger, mais cela pourrait changer avec le marché américain qui est trop lointain pour être géré à distance. En revanche, le marché italien, par exemple, est géré par des natifs du pays, ici dans le 9ème arrondissement de la capitale. Ce modèle fonctionne bien, il permet de créer une sorte de grande auberge espagnole. En interne, il y a un bouillonnement culturel très fort et l'anglais est devenu la langue officielle chez Evaneos. Notre cafeteria, c'est un peu un bar Erasmus.

Que peut-on vous souhaiter pour les 10 prochaines années ?

De contribuer à créer un tourisme qui soit durable. C'est un vrai enjeu pour le tourisme au global et tout particulièrement pour nous. Les flux touristiques continueront à se concentrer si on ne fait rien, ce qui sera dramatique pour les écosystèmes locaux, les populations. Aussi, nous réfléchissons à comment modifier les flux de voyageurs. Beaucoup de chantiers sont en cours comme la création d'une charte commune à tous nos partenaires, afin qu'ils promeuvent eux aussi ce discours. La curiosité peut être une solution (amener les vacanciers là où ne vont pas forcément les autres), au même titre que le voyageur individuel, qui est à opposer au voyageur en groupe. Le voyage individuel est en effet beaucoup moins impactant pour les destinations que les groupes pour lesquels il faut des infrastructures très lourdes (routes, parkings, hôtels, clubs, etc.). Par exemple, des clubs qui poussent leurs vacanciers à manger à l'intérieur de leur structure, ne contribuent pas au développement économique local. La clé pour nous est de redonner aux locaux le pouvoir sur leur tourisme.

Au bout de 10 ans, quel regard portez-vous sur votre aventure entrepreneuriale ?

Depuis tout petit, je voulais monter ma boite. J'ai donc eu la chance de pouvoir le faire et de le coupler à une autre passion, celle des voyages. Au début, je ne pensais pas du tout mêler les deux et c'est la rencontre avec mon associé Yvan Wibaux qui a modifié la donne. En créant Evaneos, nous voulions créer ce qu'il nous plaisait à nous, pour voyager. Depuis l'entreprise a grandi, j'ai eu des enfants... Les voyages se font donc plus rares. Il y a même des destinations que je ne connais pas encore : la liste s'allonge sans cesse. Par exemple, j'aimerais découvrir Oman et, pour une destination plus familiale, je pense au Costa Rica. J'ai un job de rêve qui, je l'espère, est loin de s'arrêter.





Biographie
- 1981: naissance
- 2008: rencontre avec son associé Yvan Wibaux
- 2009: lancement d'Evaneos avec 3 destinations sur le site
- 2011: premier lancement d'Evaneos à l'international en Espagne et première levée de fonds (700k€)
- 2017: élus start-up de l'année en France par le cabinet E&Y
- 2018: 300 000 voyageurs ont voyagé avec Evaneos depuis la création et levée de 70m€, plus gros tour de table pour une start-up de tourisme en Europe
- 2019: lancement du marché américain (11e marché)

En bref...

Votre principale source d'inspiration ? Les voyages forcément
Si vous deviez explorer un autre métier ? Architecte
Votre meilleur souvenir professionnel ? C'est très dur d'en sélectionner un! En voici un en tous cas: un de nos agents locaux partenaires qui m'a dit avec beaucoup d'émotion que grâce à Evaneos il avait pu sauver son agence (sa destination avait connu une crise importante)
Ce que vous recherchez le plus chez vos collaborateurs ? L'envie de participer à la réussite d'une aventure.
Le manager que vous êtes ? Je fais confiance.
L'entreprise que vous auriez voulu inventer ? Je l'ai inventée avec mon associé Yvan Wibaux
Une citation que vous aimez vous répéter ? " Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise: sa réputation et ses hommes ", d'Henry Ford
Un entrepreneur que vous admirez ? Jack Ma (fondateur d'Alibaba) pour sa persévérance


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Céline Tridon,<br/>rédactrice en chef Céline Tridon,
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