Station F décryptée par les entrepreneurs

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Station F décryptée par les entrepreneurs
© Une partie de l'équipe de Self-Med, avec Jérémie Toledano à droite

Image de marque

Sur un tout autre plan, être accueilli à Station F sert l'image des entreprises qui peuvent se targuer d'avoir été sélectionnées. Un gain de visibilité et de crédibilité, auprès des investisseurs, des partenaires bancaires, des clients, ou même des médias. "Avec la marque incubateur HEC et avec Station F, on nous écoute davantage", constate Thomas Reynaud. Une façon de bénéficier du rayonnement du lieu.

"Nous avons gagné en notoriété auprès des investisseurs, témoigne Jérémie Toledano. Certains nous ont proposé de nous revoir après avoir su que nous étions à Station F". Même impact sur les clients. " Notre présence ici, après sélection, les rassure, et beaucoup veulent venir pour voir les locaux ", complète Florian Laroumagne.

Avantages pratiques et financiers

Paul Lê, La Belle Vie

Paul Lê, La Belle Vie

Un autre avantage non négligeable porte sur l'aspect financier. "200 euros par mois et par personne, ce n'est pas cher pour des locaux", se félicite Florian Laroumagne, qui, auparavant, dépensait pour des bureaux à La Défense 600 euros par personne et par mois. Une façon de faire des économies, tout en bénéficiant de l'image positive de l'incubateur. D'autant que tout est accessible sur place. "J'apprécie la rapidité d'accès aux services ou contacts", souligne Paul Lê, qui apprécie aussi les outils pratiques de type intranet, mis à la disposition de tous pour faciliter les échanges et la circulation des demandes et des informations.

A cela s'ajoute l'avantage pratique. "J'arrive à faire mes rendez-vous ici car les gens veulent voir", affirme Laure Bouguen. " Les gens se déplacent, alors qu'avant, ils vous recevaient. Un vrai gain de temps ", estime Thomas Reynaud.

Revers de la médaille

Si l'incubateur est un tremplin extraordinaire, reste quelques (menus) points faibles. "Je pense que Station F correspond davantage aux besoins des jeunes entreprises, raconte Jérémie Toledano, qu'on peut en tirer le maximum quand on est en phase de structuration. Nous, par exemple, on est déjà passé par toutes les démarches accessibles au French Tech Central [un espace donnant accès aux services publics au sein de Station F, ndlr]".

Aux yeux de certains, l'accès à Station F reste restrictif. "Pour l'instant il y a HEC, [l'Edhec] mais pas d'ouverture aux autres écoles. Peut-être que ça va se faire, mais c'est encore très élitiste", regrette Paul Lê. Station F peaufine son programme Fighers dédié aux entrepreneurs des quartiers défavorisés, qui doit ouvrir dans quelques semaines.

Enfin, si l'environnement sert formidablement la collaboration, les open spaces géant charrient aussi leur lot d'inconvénients, notamment le manque de confidentialité. "Dans notre domaine, ce qui fait la différence, c'est la qualité d'exécution. On veut se prémunir contre ça", note, par exemple, Florian Laroumagne. A cela s'ajoutent le bruit et les nuisances sonores. "A notre arrivée, c'était très calme, aujourd'hui, ça pulule, difficile parfois de rester concentré... Station F c'est une ruche, une fourmilière ", explique Thomas Reynaud.

"Station F c'est un nid, mais à un moment il faut en sortir", conclut Paul Lê. Son entreprise est en train de finaliser des travaux dans des locaux de 500 m2 à Paris qu'elle prévoit d'intégrer en début d'année prochaine. Ce qui ne l'empêchera pas, aux dires de son dirigeant, de conserver un badge d'accès pour continuer à profiter du cadre de Station F.

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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