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Vous êtes présent aux États-Unis. C'est obligatoire de se développer outre-Atlantique ?

Nous sommes sur un marché mené historiquement par les Américains. Dès 2015, nous pensions que notre idée était bonne et nous voulions la défendre partout, notamment sur le sol américain. C'est pour cela que nous sommes allés au CES de Las Vegas, un salon B to C avec notre ­solution ... B to B.

Ce n'était pas à contre-emploi ?

En réalité, tout le monde a un problème avec les réunions. C'est donc un sujet qui intéresse le grand public, et nous l'avons constaté au CES. Nous avons vécu des moments forts avec 1 500 demandes de démonstration sur notre petit stand, dès la première année. Le salon nous a même mis une amende, car nous attirions trop de monde. Nous l'avons d'ailleurs gardée en souvenir !

D'où votre présence, cette année encore, au CES ?

Pour jouer intelligemment sur notre marché, il faut être incontournable. Pour cela, il faut être connecté avec les grandes entreprises américaines, comme Microsoft. Pour y arriver, il faut avoir un avantage concurrentiel, ce qui est notre cas sur l'axe de la réunion. Et les Américains l'ont apprécié très rapidement. Nous avons appris à nous interfacer avec leurs logiciels, mais en prenant notre temps pour bien le faire, comme toujours chez nous.

Pourquoi cette tournée en camion en 2019 ?

C'est déjà notre quatrième CES et nous voulions changer de dimension. Nous avons donc lancé une tournée aux États-Unis avec un énorme camion logoté Klaxoon. Cette année, une partie de l'équipe a géré notre stand dans le nouveau hall B to B du salon et, en parallèle, il y avait notre truck dans le désert, pour offrir une parenthèse de séré­nité à nos prospects.

La promesse : faire une réunion les pieds dans le sable. Au total, nous avons accueilli 500 personnes sur trois jours. Nous avons également invité une centaine de personnes, dont 45 médias internationaux, à assister au lever du soleil dans le désert à 6 heures du matin. C'était un vrai bonheur.


Votre levée de fonds permet de réaliser ce genre d'événement...

Tout à fait. Et c'est pour cela que nous l'avons fait. Notre focus est le développement commercial dans le monde entier. Aux États-Unis, vous avez Google et Apple qui achètent des murs d'immeubles entiers au CES pour faire leur communication. Nous sommes obligés de voir les choses en grand. Un tiers de notre levée de fonds nous permettra de développer la notoriété de notre marque, un tiers de développer notre produit - nous avons d'ailleurs doublé les effectifs en R & D avec une centaine de personnes -, et le dernier tiers servira à la relation client. Ce sont les trois axes clés de notre croissance.

Quelle est la plus grande difficulté rencontrée depuis le lancement de votre entreprise ?

J'ai créé l'entreprise avec 4 000 euros. Les 36 premiers mois ont été très difficiles, car nous n'avions pas d'argent. Nous avons donc réinvesti tous les bénéfices dans le capital de l'entreprise. Ainsi, nous sommes passés de 4 000 euros à environ 1 million d'euros de capital en trois ans, au moment du lancement de Klaxoon. Cela nous a donné une forte crédibilité auprès des banques et de Bpifrance. L'autre difficulté : nous sommes une entreprise d'inno­vation et il ne fallait pas tomber dans la case "gadget" auprès des investisseurs et des clients. Croyez-moi, ce n'est pas ­toujours évident...

Votre société grandit très vite depuis un an. Sa structuration est complexe ?

C'est là un sujet clé. En 2012, j'ai constaté qu'il existait déjà des silos dans l'entreprise. Pour les combattre, nous avons favorisé le partage d'informations. Nous voulions éviter que certains collaborateurs s'enferment avec leur savoir et se revendiquent comme les seuls capables d'avoir les bonnes solutions sur leur périmètre.

Nous avons cassé les frontières et cela fonctionne encore aujourd'hui, même avec 200 personnes et plus. La zone dangereuse, c'était lorsque nous étions 30 ou 50 collaborateurs. L'entreprise paraissait alors déjà grande, mais, en réalité, elle n'était pas très solide. Enfin, il y a peu de hiérarchie chez Klaxoon avec seulement deux ou trois niveaux au maximum. Cela nous rend très agile.

Bio

1980 : Naissance de Matthieu Beucher à Angers.

2004 : Débute sa carrière en tant qu'ingénieur véhicule autonome chez Daimler, en Allemagne.

2009 : Fonde sa première entreprise, Regards, éditeur de logiciel pour l'apprentissage.

2015 : Réinvestit tous les bénéfices de l'entreprise pour lancer Klaxoon.

2016 : 1er CES Innovation Award à Las Vegas.

2018 : Levée de fonds de 50 millions de dollars pour Klaxoon

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Julien van der Feer

Julien van der Feer

Rédacteur en chef

Rédacteur en chef d’Artisans Mag’ et de Commerce Magazine, l’univers de l’artisanat et du commerce est mon quotidien depuis 3 ans. Je suis passionné par [...]...

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