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Pourquoi les PME profiteront (aussi) de la French Tech

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Pourquoi les PME profiteront (aussi) de la French Tech

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"Il n'y a que très peu de secteurs qui ne seront pas touchés par la révolution numérique, explique Paul Hermelin, p-dg de Capgemini. À peu près tout le monde est concerné, de la culture au BTP, en passant par le transport de marchandises, estime-t-il. Et, à mon sens, les PME sont les mieux placées pour en profiter car dans les grands groupes, tout ­changement amène à revoir le système. Les PME, elles, sont plus réactives. Avec French Tech, on peut faire en sorte que les bonnes personnes se rencontrent avant de partir sur la pointe des pieds pour les laisser faire du business... Avec ce grand avantage qu'il n'est plus forcément nécessaire de passer par Paris". C'est d'ailleurs sans doute là que réside la vraie révolution French Tech: elle se déroule près de chez vous, et pas dans une lointaine Silicon Valley. Profitez-en.



3 QUESTIONS À:
François Salomone, président de Creatique Technologie

Votre entreprise est spécialisée dans les systèmes de validation des fonctions électriques de véhicules. En quoi la démarche French Tech vous intéresse-t-elle ?
Je pars du principe que nous sommes cousins. Aujourd'hui, mes produits sont déjà des produits intelligents, avec une partie physique de connexion au véhicule et une partie logicielle, qui analyse les résultats du test. Si j'arrive à entrer encore davantage d'intelligence dans mes connecteurs, cela me permettra d'abord de me démarquer de la concurrence, ce qui est essentiel, mais j'y trouverai d'autres avantages. Je vous donne un exemple : je cherche à exporter, en particulier au Brésil. Aujourd'hui, la classification douanière de mes produits m'oblige à payer 18 % de droits d'entrée. Mais si demain j'arrive à prouver au gouvernement brésilien que mes produits n'ont pas d'équivalent chez lui, parce que mettre de l'informatique au beau milieu de la matière leur donne des fonctions supplémentaires, je tombe à 2 % S'agissant d'un pays où l'industrie automobile se développe à grande vitesse, avec des modèles sophistiqués, je peux vous dire que c'est intéressant.

Mais pourquoi miser sur des start-up "French Tech" au lieu de financer vous-même votre R & D ?
Compte tenu de la taille de mon entreprise, je suis incapable de financer de la R & D en interne en permanence, le retour sur investissement ne serait pas assez rapide. Il y a quelque temps, nous avons eu besoin de développer un protocole de communication radio en milieu confiné et nous étions arrivés en limite de compétence. Nous avons fait appel au LETI, un laboratoire du CEA de Grenoble... et ça nous a presque ruinés. Qu'Areva ou EDF en aient les moyens, c'est une chose mais moi, non. Ce qui m'intéresse, c'est qu'une start-up développe précisément une technologie dont j'ai besoin et qu'ensuite, on passe un partenariat, un accord ou une alliance stratégique. Outre que je serai son premier client, l'avantage pour elle, c'est que je peux l'emmener dans le milieu automobile, où je suis reconnu comme expert sur toutes les marques. Pour moi, c'est beaucoup plus économique mais tout le monde est gagnant.

Cette logique est-elle vraiment applicable dans tous les secteurs ?
Oui, c'est bien pour ça que j'ai fortement soutenu la candi­dature de French Tech Lyon et que j'arrive à la fin de mon deuxième mandat d'adminis­trateur de l'Espace numérique entreprise de Lyon. Les technologies numériques vont s'infiltrer partout et se bana­liser, comme l'a fait l'ordina­teur. On ne sait pas vraiment où, on ne sait pas exactement comment mais on sait que ça va tout envahir. On posera une idée sur la table et ces gens-là sauront comment la concrétiser. Ça n'ira ­peut-être pas jusqu'au cordonnier, mais qui sait... peut-être que demain en ressemelant votre chaussure, il y glissera une puce vous indiquant le nombre de pas que vous aurez fait dans la journée...

L'ENTREPRISE: Créatique Technologie

Activité: fabrication de systèmes de validation des fonctions électriques sur véhicule
Ville: Caluire-et-Cuire (Rhône)
Forme juridique: SAS
Dirigeant: François Salomone, 62 ans
Année de création: 1992
Effectifs: 50 salariés
CA 2014: 4,2 M€

Joël Rumello

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