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[Tribune] Transformer les PME françaises en ETI : une question de volonté

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[Tribune] Transformer les PME françaises en ETI : une question de volonté

Développer une entreprise est différent de créer une entreprise. Pour changer de braquet et engager une démarche de croissance, un patron de PME devra non seulement avoir fait de l'ETI son projet d'entreprise, mais aussi suivre 4 étapes-clés.

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La France compte près de 4 millions de PME pour seulement 5 400 ETI. Or on sait que la richesse d'un pays en ETI est déterminante pour soutenir sa croissance et sa force de frappe économiques.

La clé est donc entre les mains des PME industrielles françaises comme des start-up de la French Tech 120 qui représentent 43% de la valeur ajoutée produite en France. Avec une question qui demeure : comment encourager et soutenir leur transformation en ETI ?

La volonté du chef d'entreprise, moteur de la transformation

Car encore faut-il que le chef d'entreprise ait la volonté de faire cette transformation. Il est indispensable qu'il soit moteur et volontaire. De nombreuses initiatives ont été lancées par des organisations publiques (Bpifrance, régions, CCI ...) type accélérateurs, formations, aides financières, etc. Cependant, elles ne donneront des résultats que si les entrepreneurs ont pour projet de faire grandir la société qu'ils ont créée.

Devenir une ETI demande un certain état d'esprit. Passer de quelques collaborateurs à plusieurs centaines, gérer un chiffre d'affaires de plusieurs milliers d'euros et non de quelques dizaines n'est ni simple, ni le souhait de tous.

Et cela n'induit pas les mêmes obligations. Parmi les principaux changements qu'entraine le passage de la PME à l'ETI :

  • Les décisions ne relèvent plus d'une seule personne mais de plusieurs ou de comités constitués.
  • La croissance demande de se doter des moyens humains, matériels et logistiques en conséquence, donc souvent de s'endetter et de faire entrer des actionnaires dans le processus de décision.
  • Les logiques sociales et fiscales changent énormément, avec d'autres taux qui s'appliquent, d'autres taxes à acquitter, etc.
  • Il faut accepter de traiter avec des instances représentatives et/ou syndicales comme les CHSCT, CS, délégués du personnel, représentants syndicaux, comité d'entreprise, etc.
  • La gestion des équipes requiert des processus RH structurés avec des formations obligatoires, des entretiens individuels annuels, etc. qui ont un coût à anticiper.

Pour ces raisons, créer une entreprise et développer une entreprise sont deux démarches différentes.

4 étapes pour préparer sa PME à devenir une ETI

Une fois prise la décision de viser le cap de l'ETI, 4 étapes devront être respectées.

Tout d'abord, structurer l'organisation : trop d'entreprises pêchent par manque de système de management construit, l'absence de comité directeur. Or, pour grandir, une entreprise a besoin de décentraliser les décisions, de confier à une entité type comité directeur le suivi de la bonne exécution du plan de développement prévu et de mettre en place une gouvernance à même d'absorber la croissance.

Ensuite, diversifier les activités. Pour devenir une ETI, une PME doit regarder plus loin, explorer d'autres marchés, créer d'autres offres, imaginer des modèles hybrides à l'image des multiples business qui ont porté la croissance de Google par exemple.

Une autre piste sera le déploiement géographique, soit par ouverture de filiale, soit par acquisition - le choix de la croissance externe étant la voie la plus rapide pour déployer un plan de développement à l'international.

Pour en savoir plus

Isabelle Saladin est présidente fondatrice d'I&S Adviser, réseau français d'operating partners, où des entrepreneurs expérimentés qui épaulent opérationnellement les fondateurs de start-up, PME ou ETI et les aident à atteindre leurs objectifs de croissance.

S'appuyant sur leurs retours d'expérience (tant leurs succès que leurs échecs), ces "have it done" s'engagent sur des résultats opérationnels et prennent des risques avec le chef d'entreprise.

Fédérés sous une marque unique, les operating partners d'I&S Adviser interviennent à la demande de l'entrepreneur ou d'un fonds d'investissement, sur quatre sujets : le "Business Staging", le développement à l'international, le " check-up de l'existant " et la création de business models digitaux.

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Isabelle Saladin, Présidente fondatrice d'I&S Adviser

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