Solidarité : du parapluie au masque de protection

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Solidarité : du parapluie au masque de protection

L'épidémie de coronavirus ayant provoqué une pénurie de masques de protection, Le Parapluie de Cherbourg s'est lancé dans une activité parallèle, pour venir en aide aux soignants. Grâce au bénévolat des salariés et volontaires, les distributions de masques ont déjà commencé dans la Manche.

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C'est par solidarité que durant la semaine du 16 mars 2020, l'entreprise Le Parapluie de Cherbourg commence sa production de masques de protection. Créée en 1986, cette entité familiale de la Manche fabrique, en temps normal, des parapluies haut de gamme. En 2018, le fils du fondateur, Charles Yvon, reprend les rênes de l'entreprise : il choisit de développer la marque, en favorisant l'export et le réseau de collaborateurs. Avec ces 22 salariés, l'entreprise vend 15 000 parapluies par an et réalise en 2019 un chiffre d'affaires de 1,3 million d'euros.

Charles Yvon l'affirme : "pour répondre à la pénurie de masques, les entreprises ont été encouragées à en produire. C'est ce qui nous a incités à développer cette activité parallèle." Le tissu et les machines à coudre à disposition dans les locaux de l'entreprise ont rendu possible le lancement de la production. La PME collabore également avec "Les Tissus d'Isa", une entreprise manchoise qui fournit du poly coton. "Malgré tout, nous n'avons pas souhaité faire un business avec les masques, car en temps de crise, c'est le côté solidaire qu'il fautprivilégier. Aussi, nous avons fait le choix de ne pas communiquer sur cette production. Mais il y a eu une fuite et plus de 100 partages sur Facebook. L'entreprise a donc dû reprendre la parole afin d'expliquer notre manière d'agir," souligne Charles Yvon.

Des masques 100% gratuits

En faisant le choix du bénévolat, Le Parapluie de Cherbourg distribue ses masques de manière 100% gratuite. Au début, Charles Yvon et son équipe développent des prototypes. Pour donner suite à la mise au point d'un modèle, ils l'envoient à la Direction Générale de l'Armement (DGA) pour qu'il soit validé. Mais dans l'urgence et sans réponse de la DGA, l'entreprise démarre la production sur demande des médecins et infirmières. D'abord lancée à l'échelle du département, l'initiative reçoit également des demandes du Grand Est.

Voyant la recrudescence des demandes, Charles Yvon décide de créer des kits de couture, distribués à des bénévoles prêts à assembler les masques à domicile. "Nous avons eu beaucoup de retours positifs, nous avons alors imaginé des kits avec des tiges de fer, deux morceaux de tissu, des élastiques, une notice et une réglette pour faire les plis ", détaille-t-il. Le dirigeant s'occupe lui-même de la distribution des kits et de la récupération des masques. Il pense d'ailleurs faire appel à un bénévole pour l'aider dans cette tâche qui nécessite aussi le respect des mesures d'hygiène.

Dans l'attente d'une validation de la DGA, les masques n'ont pas de norme. Charles Yvon les qualifie de "masques anti-projection et surtout de bienveillance ". Depuis le début de l'initiative, 5 000 masques ont été fabriqués. Le dirigeant du Parapluie de Cherbourg remercie chaudement les 100 bénévoles mobilisés : "en une journée, un bénévole et sa famille ont coupé 6000 morceaux de fer. Une autre s'est même couchée à 2 heures du matin et a coupé 250 mètres d'élastique. Merci à eux."

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Julien Ruffet

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