En ce moment En ce moment

Présidentielle 2017 : le programme complet de Jacques Cheminade pour les TPE et PME

Publié par le

Je m'abonne
  • Imprimer

Financement

Dans le projet de Jacques Cheminade, la BPI est au coeur du financement des entreprises. Avec l'appui de fonds régionaux, elle doit permettre des financements " plus risqués " que ceux des banques. Objectif : " créer des mittelstand à la française ". Autres missions de la BPI : garantir les prêts aux PME et, si besoin, " reprendre temporairement les activités en danger des PME, en organisant leur restructuration et leur refinancement ".

En parallèle, le candidat de Solidarité et Progrès veut, en modifiant l'organisation actuelle du secteur bancaire, créer des banques de crédit dédiées principalement au financement des entreprises.

Il propose enfin la création d'un crédit impôt région industrie tourné vers les PME. " Au niveau de la région, on permettra aux gens d'investir dans les industries productives dans le territoire pour remailler le territoire (...) [via] des déductions fiscales ", a-t-il énoncé au Medef.

Pour financer l'innovation, l'investissement pour la recherche devra atteindre 3 % du PIB.

Par ailleurs, renforçant des mesures déjà existantes, le candidat envisage un redéploiement du CIR vers les PME et ETI et promet de transformer progressivement le CICE en baisse de charges pérenne afin de réduire le coût du travail. Il indique aussi son projet de prolonger après 2017 la possibilité de réduire de l'impôt sur le revenu (à hauteur de 25 %) ou de l'ISF (20 %) la souscription au capital d'une PME.

Sur le volet financement, Jacques Cheminade s'attaque également au problème du non-respect des délais de paiement. Outre le fait de réduire le délai légal à trente jours pour tous (contre soixante actuellement dans le privé), il propose un document unique pour tous les contrats. Il entend également confier à la Caisse des Dépôts le soin de payer les factures en souffrance via une garantie de paiement. La Caisse pourra ensuite se retourner contre l'entreprise fautive.

Compétitivité des entreprises

Jacques Cheminade ne veut plus de l'Union Européenne actuelle. " Je pense que l'UE telle qu'elle est, il faut en sortir mais pour rebâtir une vraie Europe. Et pour moi cette vraie Europe, il faut la recentrer sur les six fondateurs plus l'Espagne et le Portugal pour faire une politique de développement dans l'intérêt mutuel ", a-t-il expliqué au Medef.

Dans ce contexte, il préconise une hausse progressive de trois points sur les taux supérieurs de la TVA afin de protéger les entreprises qui produisent en France. L'idée est d'inscrire cette augmentation dans le cadre d'une hausse progressive du SMIC de 20 % en concertation avec les partenaires sociaux afin " de protéger nos entreprises, en taxant les importations sans entraver nos exportations ", indique-t-il dans son programme. Dans la même optique, il veut également promouvoir le label Origine France Garantie.

Pour favoriser les entreprises françaises, il appelle aussi à ce que l'État et les collectivités réservent 80 % de leurs appels d'offre aux entreprises nationales. Il envisage enfin de nationaliser les entreprises les plus stratégiques, à l'instar des chantiers de Saint-Nazaire.

Le soutien à la compétitivité est tourné vers les entreprises françaises mais également vers les PME. Jacques Cheminade est pour que les petites et moyennes entreprises bénéficient de plein droit d'un accès de 25 % aux contrats publics. Il promet d'arrêter de couper les budgets des collectivités locales afin que les contrats publics avec les PME en particulier du bâtiment puissent être rétablis. Il propose de faciliter l'accès aux offres publiques par la mise en place d'une plateforme unique.

Pour les plus petites structures et notamment les commerçants et les artisans, il appelle de ses voeux la création des maisons de l'artisanat et du commerce où les professionnels concernés auraient accès à des services partagés (comptables, administratifs, juridiques, etc.). Il souhaite aussi créer des maisons de télétravail pour réduire l'isolement des indépendants.

Code du Travail

Jacques Cheminade maintient les 35 heures. Il prône le remplacement du CDD par un contrat unique, qui serait un " CDI à droits progressifs sur un délai d'un an ". Les heures supplémentaires seront de nouveau défiscalisées. La loi Travail sera supprimée.

En plus d'encadrer le travail, Jacques Cheminade entend aussi favoriser l'embauche. Pour les TPE, il veut ainsi reconduire l'aide à l'embauche du premier salarié, à hauteur de 800 euros par trimestre la première année. Pour les PME recourant au contrat " Embauche PME ", il souhaite prolonger la prime trimestrielle de 500 euros les deux premières années au-delà du 30 juin 2017. Enfin pour les PME de moins de cinquante salariés embauchant un chômeur, il projette de réduire les charges sociales à hauteur de 11 000 euros (équivalent aux allocations d'assurance chômage).

En parallèle, il propose d'expérimenter un système de bonus-malus sur les licenciements.

En amont, il entend aussi encourager la formation, notamment l'apprentissage et l'alternance. Il entend aussi réformer le CPA dont il conteste, dans son état actuel, la " perspective limitée et libérale " et souhaite " un portail informatique unique, permettant à chaque travailler d'accéder à ses droits personnels ".

Pour lui, le SMIC devra être augmenté à 1700 euros brut. En revanche, il n'est pas pour un revenu universel.

Droit du travail et protection sociale

Le RSI sera remplacé par un statut social unique des actifs. Jacques Cheminade veut aussi développer la présence et les droits des administrateurs salariés dans les CA et conseils de surveillance, en abaissant le seuil de présence à 500 salariés. Il promet d'aller plus loin dans la simplification des conseils de prudhommes engagée par la loi Macron notamment, par exemple, pour réduire le délai de traitement d'une affaire. Il milite aussi pour que la puissance publique participe officiellement au financement du syndicalisme via par exemple des crédits d'impôt accordés aux membres encartés.

Il veut aussi renforcer l'inspection du travail en doublant le nombre d'inspecteurs et en réhabilitant leur rôle, " sans les réduire à sanctionner, mais plutôt à orienter les entrepreneurs ignorant de bonne foi la réglementation et à éliminer les " moutons noirs " et les mafias. Même chose pour la médecine du travail, notamment en ouvrant 200 postes par an en internat. Les deux corps de métiers seront incités à travailler davantage ensemble. Par ailleurs, celle-ci devra être davantage indépendante de l'employeur via un recours à un arbitre extérieur sur les dossiers.

Je m'abonne
Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

Voir la fiche
Céline Tridon,<br/>rédactrice en chef Céline Tridon,
rédactrice en chef

La Lettre de la Rédac

Chaque matin, l'essentiel de l'actu

Chef d'Entreprise Newsletter

Artisans Newsletter

Commerce Newsletter

Event

Event

Event

La rédaction vous recommande

Sur le même sujet