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1 - Les enjeux de la réforme de la formation professionnelle

La formation doit être considérée comme un investissement pour les PME qui peuvent ainsi s'adapter aux mutations touchant leurs marchés. La formation est aussi un instrument au service de l'employabilité des actifs. C'est dans cet esprit qu'a été conçue la réforme de la formation professionnelle.

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Favoriser l'employabilité des Français et la compétitivité des entreprises tricolores, tels sont les objectifs de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l'emploi et à la démocratie sociale, issue de l'ANI (accord national interprofessionnel) du 14 décembre 2013.

Conforter la formation professionnelle en tant que levier de compétitivité

Cette réforme est fondée sur trois piliers : le développement des compétences en lien avec la réalité économique, la responsabilisation et la simplification. Conçue pour coller aux besoins de l'économie française et de ses entreprises, elle vise à encourager et faciliter l'accès à la formation. Via la simplification des démarches et des financements, les entreprises retrouvent leur liberté d'investir avec et pour leurs salariés, tout en anticipant les mutations de leur marché et de leurs métiers. Pour résumer, l'obligation de faire se substitue à l'obligation de payer.

Sécuriser les parcours professionnels

Cette réforme donne également les moyens aux actifs d'être acteurs de leur formation et de sécuriser leur parcours professionnel. C'est notamment l'objet du CPF (compte personnel de formation) qui suit toute personne de son entrée dans la vie active à la retraite. Il permet à chacun d'accroître son niveau de qualification et de préserver son employabilité. Le CPF est notamment un outil au service des demandeurs d'emploi qui peuvent mobiliser leurs heures de formation acquises pour développer des compétences attendues par les entreprises et mieux se réinsérer sur le marché du travail.

Responsabiliser tous les acteurs de la formation professionnelle

Enfin, tous les acteurs du secteur sont invités à réfléchir et à se mobiliser pour créer une offre de formation adéquate et de qualité. Ainsi, la liste des formations éligibles au CPF est définie de manière concertée. " L'impact sur la compétitivité des entreprises devrait être positif, estime Olivier Faron, administrateur général du Cnam. Grâce au système des listes, on obtient une meilleure adéquation de l'outil de formation aux besoins réels des employeurs. "

Le dialogue social, dans les branches et les entreprises, sur les enjeux de formation et de compétences est la pierre angulaire du dispositif.

Une vidéo pour bien comprendre la réforme de la formation professionnelle :



Point de vue de Florence Poivey, négociatrice pour le MEDEF sur la formation professionnelle, présidente de la Fédération de la plasturgie.

Les entreprises retrouvent la liberté d'investir

En 2030, près de 30 % de nos métiers auront évolué. Grâce à la formation, qui traduit notre capacité à faire grandir les hommes et les femmes de nos entreprises, nous serons en mesure de relever ce défi. Depuis le 1er janvier 2015, les sociétés retrouvent la liberté d'investir pour activer les montées en compétences dont elles ont besoin. L'exigence et la qualité seront au coeur d'un système de formation en tension permanente. À cette liberté, s'attachent cependant des responsabilités. D'abord une responsabilité individuelle, où chaque entreprise valorise le développement de compétences comme un pivot du dialogue social. Ensuite, une responsabilité collective, avec des partenaires sociaux et des branches professionnelles qui définissent les métiers porteurs et générateurs d'emploi. L'enjeu est aussi de sécuriser les parcours professionnels. Avec un CPF ciblé sur les besoins de l'entreprise et des territoires, les formations renforceront l'employabilité de tous les actifs, sur la durée et au profit d'une économie plus dynamique, davantage tournée vers l'avenir.



Témoignage de Sana Ronda, dirigeante de Linguaphone

Un droit à la formation, conforté par des outils et des moyens

La réforme de la formation professionnelle est basée sur la responsabilisation et l'individualisation. Le libre choix est donné à l'individu, mais aussi à l'entreprise. Ce qui est intéressant, c'est que ce droit à la formation est réellement accompagné d'outils et de moyens, de financement notamment. Pour encourager le recours au CPF, nous avons remis à chacun de nos salariés [100 équivalents temps plein, NDRL] un livre blanc expliquant son fonctionnement, avec un didacticiel pour rendre cette nouvelle mesure concrète. Le succès de ce nouveau dispositif repose sur son appropriation par les salariés. En revanche, la mise en oeuvre n'est, pour l'heure, pas très claire : c'est un frein à son utilisation qu'il faut éliminer rapidement. Autre point positif de la réforme : la simplification. Une seule cotisation, un seul interlocuteur au travers d'un unique bordereau, cela clarifie les choses et leur donne de la lisibilité. Enfin, l'innovation porte aussi sur l'action de formation elle-même. La définition qui en est donnée élargit le champ des possibles. L'innovation pédagogique, en s'adaptant aux contraintes des entreprises et des salariés, va permettre de développer l'outil de performance qu'est la formation.

Medef

Céline Tridon,<br/>rédactrice en chef Céline Tridon,
rédactrice en chef

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