Covid-19 : l'acheminement des produits sanitaires

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Durant l'épidémie de Covid-19, l'acheminement de denrées alimentaires, de produits pharmaceutiques et du matériel médical se heurte à de nombreux obstacles. Le secteur du transport et de la logistique redouble d'efforts pour permettre le réapprovisionnement régulier de ces marchandises essentielles.

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Fermeture des frontières, menaces de pénurie, respect des consignes sanitaires, conditions difficiles de travail pour les chauffeurs : le secteur du transport et de la logistique fournit des efforts considérables pour permettre l'acheminement des denrées alimentaires, du matériel médical et des produits pharmaceutiques.

Durant l'épidémie de Covid-19, l'acheminement des denrées alimentaires, des produits pharmaceutiques et du matériel médical se heurte à de nombreux obstacles. Le secteur du transport et de la logistique redouble d'efforts pour permettre le réapprovisionnement régulier de ces marchandises essentielles.

Acheminement de matériel médical : un pont aérien entre la France et la Chine

Face à la pénurie de masques en France, dont la capacité de production est limitée à 8 millions par semaine, une importante commande a été passée à la Chine. Un milliard de masques doivent ainsi arriver dans l'hexagone au fil des semaines, dont 74 millions de FFP2. Ils sont destinés en priorité aux personnels soignants, qui sont les premiers exposés au virus, et dont les besoins hebdomadaires en masques sont estimés à environ 40 millions.

Pour assurer l'acheminement rapide et sécurisé de ces masques, un pont aérien a été mis en place entre la France et la Chine. Dimanche 29 mars, un premier avion-cargo d'Air France en provenance de Chine a atterri à l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, avec à son bord 5,5 millions de masques.

L'aéroport de Paris-Vatry dispose d'une zone cargo dédiée au fret. Il attend une série de vols répartis sur deux semaines, avec au moins un vol quotidien, le tout assuré par des avions gros-porteurs. Chacun de ces avions transportera 100 tonnes de marchandises, en majorité des masques et du matériel médical. Une dizaine d 'autres vols atterriront avec 600 millions de masques et des appareils respiratoires, toujours en provenance de Chine.

Cette opération devrait durer en tout 14 semaines, à raison de 4 rotations par semaine, soit au total 56 voyages. Les masques sont regroupés et décollent des villes chinoises de Shenzhen et Shanghai puis sont ensuite répartis, à leur arrivée, dans les différents entrepôts de Santé Publique France : à Champonnay dans le Rhône, à Allauch dans les Bouches-du-Rhône, à Vatry dans la Marne, à Longueau dans la Somme, à Marolles dans le Loir-et-Cher ou encore à Blanquefort en Gironde.

Les mesures gouvernementales à destination des transporteurs

Durant la crise mondiale liée à l'épidémie de coronavirus, l'acheminement de denrées alimentaires et sanitaires se poursuit, dans le strict respect des conditions d'hygiène fixées par la réglementation européenne, notamment en ce qui concerne le transport frigorifique et les solutions isothermes.

Pourtant, les difficultés rencontrées par les transporteurs sont nombreuses. Face au signal d'alarme lancé mi-mars par les syndicats FO Transports et Logistique et FGTE/CFDT, le gouvernement a pris des mesures visant à améliorer les conditions de travail de ces professionnels. Les entreprises de transport et de logistique sont ainsi appelées à faire respecter les gestes barrière et à mettre à disposition des employés du gel hydroalcoolique sur les lieux de chargement et de déchargement lorsqu'aucun point d'eau n'est accessible. Chaque véhicule doit également être équipé d 'une réserve d 'eau, de savon et de lingettes à usage unique ou de gel hydroalcoolique. Par ailleurs, des guides de bonnes pratiques sanitaires ont été publiés.

Le groupe Stef, leader européen du transport de produits alimentaires frais, surgelés et thermosensibles, a annoncé avoir pris des mesures sanitaires drastiques pour assurer la sécurité des produits, des clients et des transporteurs. Les sites et les camions sont régulièrement nettoyés, une distance minimale de sécurité de plus d'un mètre est respectée entre les employés, des procédures simplifiées ont été mises en place pour limiter les contacts avec les clients, et l'importance des gestes barrière, comme le lavage de main et les salutations à distance, est rappelée quotidiennement. Dans un communiqué publié le 18 mars, le groupe Stef déclare toutefois qu'il a demandé, "face à la pénurie problématique de gels hydroalcooliques, de masques et de gants en France [...] le classement d'utilité publique du secteur du transport et de la logistique des produits alimentaires ainsi que toutes les dispositions qui en découlent."

La ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, et le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, Didier Guillaume, ont décidé dans un communiqué publié le 18 mars de laisser ouverts, sur dérogation, les aires de repos, les sanitaires, les stations-service et les restaurants routiers proposant de la vente à emporter. Les routiers rencontrent en effet beaucoup de difficultés, suite aux mesures de confinement, pour s'alimenter et se laver durant leurs trajets.

La Commission européenne a quant à elle émis une série de recommandations pour fluidifier le trafic et faciliter l'acheminement des produits alimentaires et sanitaires. Elle invite les États membres à mettre en place des voies rapides réservées aux véhicules transportant des marchandises. À la suite de la fermeture de nombreuses frontières internes, le temps de passage aux postes de contrôle est parfois de 24 heures. Une durée que Bruxelles souhaite réduire en demandant aux États membres d'identifier et de signaler des points de passage frontaliers internes réservés au transport de marchandises.

Par ailleurs, les grands ports français et européens restent opérationnels. Les ports du Havre, de Paris, de Rouen, de Marseille-Fos, de Hambourg, d'Anvers et de Rotterdam poursuivent donc tous leurs activités de logistique, de manutention et de services aux navires, ainsi que les contrôles douaniers, sanitaires et ceux de la police aux frontières.

La question épineuse de l'acheminement des produits pharmaceutiques

À l'heure où les hôpitaux, dont les services de réanimation sont saturés par l'afflux de patients atteints du coronavirus, tirent la sonnette d'alarme concernant le stock de plus en plus réduit de certains médicaments, de nouvelles inquiétudes émergent.

Actuellement, 80 % des principes actifs sont fabriqués dans des pays tiers, dont 60 % en Inde et en Chine. Or, en raison de l'épidémie et des mesures de confinement, les usines se sont retrouvées à l'arrêt pendant plusieurs semaines en Chine, et le sont désormais également en Inde, qui a mis en place le 25 mars le confinement total du pays.

Si l'acheminement est de nouveau possible grâce à la reprise progressive des transports maritimes depuis la Chine, les médicaments pourraient en revanche venir à manquer. Une hypothèse pour l'instant réfutée par les laboratoires pharmaceutiques européens, qui déclarent tout de même être très attentifs à la situation. Les entreprises pharmaceutiques disposent de stocks qui devraient être suffisants pour pallier l'éventuelle pénurie le temps que la production reprenne normalement.

Le LEEM, l'organisation professionnelle des entreprises du médicament, assure dans un communiqué publié le 17 mars qu'"aucune pénurie n'est à déplorer à ce jour", mais dit également suivre "avec une vigilance extrême l'évolution de la situation, qui peut évoluer en fonction de la durée de la crise sanitaire mondiale et de son rythme d'expansion." Le LEEM se veut rassurant et déclare dans ce communiqué : "Les entreprises surveillent en permanence leurs filières d'approvisionnement et se mobilisent sur l'identification des risques et les mesures à mettre en oeuvre pour sécuriser l'approvisionnement du marché. Les entreprises disposent généralement de sites de production back up en Europe pour leurs médicaments, ou ont des stocks pour faire face aux mesures de confinement." Frédéric Collet, le président du LEEM, a toutefois indiqué à l 'AFP qu'un approvisionnement en masques était absolument indispensable pour que les sites de production pharmaceutique puissent poursuivre leurs activités. Les personnes travaillant dans ces usines doivent en effet, par mesure de sécurité, être obligatoirement équipées de masques.

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