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Comptes publics : « gilets jaunes » ou alerte rouge ?

Publié par / Avec la Marketplace le - mis à jour à

La crise des « gilets jaunes » illustre l’étroitesse des marges de manœuvres existantes pour les comptes publics. Depuis l’intégration monétaire européenne (qui nous ôte l’arme à double tranchant de la dévaluation), puis le fameux Traité de Maastricht, il a souvent été mis en en avant la nécessité d’une certaine discipline budgétaire pour les états

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Cela vise à préserver une certaine cohérence dans l’espace économique Européen et maintenir la crédibilité économique du pays. Quelques données historiques, assez basiques, disponibles auprès de l’INSEE permettent d’illustrer l’ampleur du phénomène. Face à cela, l’unique issue semble une nécessaire maîtrise de la dépense publique, une croissance du PIB réel, le développement d’un solde positif des échanges avec l’extérieur. Le crowdlending peut-il prendre sa place dans cet effort ?

Comptes publics : quelques statistiques issues l’INSEE…

Si l’on s’intéresse à l’équilibre des comptes publics français depuis l’après-guerre (administration centrale, administrations publiques locales, sécurité sociale…) à l’exception d’une période allant des années 1960 jusqu’à la première Crise pétrolière, la France a toujours connu des déficits récurrents. Ceci malgré des prélèvements obligatoires en hausse constante (désormais à un record mondial avec un taux de 46.2%).

 

Conséquence de cela : la hausse inexorable de la dette publique de la France. Une expression en pourcentage du PIB permet de mesurer le phénomène sur une base constante (en neutralisant les effets de l’inflation qui ont pu être importants jusqu’à une période récente et limiter l’impact de cette dette) : depuis le deuxième choc pétrolier, la dette publique est passée en valeur absolue de 74 milliards d’euros à 2257 milliards d’euros mais surtout d’environ 20% du PIB à quasiment 100% avec un bond suite à la crise de 2008 notamment. Malgré des taux d’intérêt désormais historiquement bas, les intérêts de la dette de l’état (44 milliards d’euros) représentent l’un des premiers postes de dépense du budget de l’état. Quant à la dette, elle continue d’augmenter au rythme de presque 100 milliards d’euros par an…

La question démographique

La France, malgré une démographie plus dynamique que ses voisins européens, continue d’enregistrer un vieillissement progressif de sa population. Une analyse de l’évolution de la population en métropole depuis quelques décennies montre une augmentation très significative des tranches les plus âgées de la population :

  • Depuis 1991 la population de plus de 60 ans a augmenté de +55% (contre +15% au global) en augmentation de plus de 6 millions
  • Les populations les plus jeunes ont stagné

Si on s’intéresse au taux d’activité, c’est-à-dire au à la population active (y compris au chômage) rapportée à la population en âge de travailler, ce taux se situe clairement dans la fourchette basse européenne :

La combinaison de ces deux situations amène l’INSEE à des prévisions à long terme qui posent de nombreux défis surtout dans un contexte de régime de retraite par répartition : les prévisions de l’INSEE à long-terme donnent une poursuite de cette tendance avec la détérioration du nombre d’actifs vs. le nombre d’inactifs âgés…

Quelles solutions ?

Face à cette situation la solution passera sans doute par :

  • Une meilleure maîtrise des comptes publics : malgré un contexte démographique défavorable et le fait que le secteur public contribue aussi à l’activité ;
  • La promotion de l’innovation et la productivité : le cabinet McKinsey prévoit que l’automatisation supprimera de 400 à 800 millions d’emplois d’ici à 2030
  • L’amélioration de la croissance du PIB et le rétablissant d’une balance commerciale positive (contre un déficit de prêt de 60 Milliards d’euros). Cela impliquera de continuer le mouvement de ré-industrialisation en cours (voir notre article l'industrie française : du déclin vers le sursaut ?)

Dans ce contexte la nécessité de réorienter l’épargne vers l’économie réelle, reste un point clé. Dans certains pays tels que le Royaume-Uni c’est le cas sans doute du fait d’un biais culturel mais également par obligation : en l’absence de régime de retraite par répartition, les anglais sont incités à investir leur épargne (ce qui explique d’ailleurs le fort développement du marché du crowdlending, voir notre article crowdlending France vs UK).

Le crowdfunding en général et le crowdlending en particulier a mis fin au « monopole bancaire ». Il permet de jouer directement un rôle (que l’on soit un particulier, un expat, une entreprise ou un investisseur institutionnel) aux cotés des banques et des actionnaires en fonds propres et apportant des ressources complémentaires pour des investissements dans l’économie réelle. Le crédit professionnel participatif est particulièrement adapté pour financer tous secteurs d’activité où d’opérations (investissement, reprise d'une entreprise, crédit de trésorerie…) y compris les actifs immatériels générateurs de croissance pour les PME (R&D, recrutement, financement du BFR, innovation…). Cela sans nécessiter de caution ou de prise de sûreté.

Voir cette article sur le blog de WeShareBonds partenaire de la banque postale entreprise : Comptes publics : « gilets jaunes » ou alerte rouge ?

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