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La revue de presse éco de la semaine (3 au 7 décembre)

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La revue de presse éco de la semaine (3 au 7 décembre)
© CC0 Creative Commons

Vous n'avez pas eu le temps de suivre l'actualité économique cette semaine ? La rédaction vous propose de découvrir ce que vous avez pu rater du 3 au 7 décembre 2018 : taxe carbone, gilets jaunes, hausse des salaires, tech européenne, mixité, prélèvement à la source et PME vs Amazon.

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Taxe carbone : les entreprises, dans le viseur ?

Qui sera le dindon de la farce ? Quelques jours après l'annonce de l'annulation de la hausse de la taxe carbone, le gouvernement se trouve avec un manque à gagner de quatre milliards d'euros pour 2019 sur les bras. Pour compenser cette perte de recettes et donc une aggravation du déficit public, le gouvernement planche, selon Les Echos, sur trois idées. La première porte sur l'annulation de l'étape intermédiaire de baisse de l'IS de 33 % à 31 %.

Les deux autres portent sur la transformation du CICE en baisse de charges pérennes dès janvier 2019. Première hypothèse, la baisse de charge de 4 points prévue pour janvier puis décalée à octobre 2019 pourrait être à nouveau décalée. La deuxième piste à l'étude s'appuie sur une refonte profonde de la transformation du CICE. Sur ces deux derniers points, reste un problème de taille. Le PLFSS 2019 ayant été voté par le Parlement, le gouvernement devrait convoquer un collectif en urgence pour statuer. Une décision sera prise d'ici au 17 décembre 2018, avec le retour du projet de loi de finances à l'Assemblée nationale.

Gilets jaunes : une prise de conscience des patrons PME

Le mouvement des gilets jaunes n'a pas que des conséquences néfastes sur les entreprises. Face à la grogne, des patrons de PME prennent conscience des difficultés financières de leurs salariés, qui n'arrivent pas toujours à boucler leurs fins de mois. C'est notamment le cas dans une PME spécialisée dans l'éclairage, située près de Nice, qui dialogue avec ses équipes pour tenter de trouver des solutions. "Si demain, on lui enlève 20 % de taxe et nous, en tant que patron on lui reverse l'équivalent, ça devient indolore pour nous. Le salarié peut se retrouver à gagner plus à la fin du mois, explique Adrien Sfecci, le dirigeant à BFM TV. Ce sont des idées très simples mais si l'État peut jouer le jeu et faire en sorte que l'on ait une réduction de charge qu'on redonne aux salariés pour lui permettre de consommer, ça nous va".

Des idées que le dirigeant souhaite présenter au gouvernement. Pour l'occasion, il s'est rapproché d'autres dirigeants et compte bien faire passer le message.

Pénicaud demande aux entreprises d'augmenter les salaires

Le message risque de crisper les dirigeants. Interrogé sur BFM Business, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a appelé les entreprises à augmenter les salaires. "On ne va pas imposer par la loi une augmentation générale des salaires, ça n'a pas de sens, on détruirait de la compétitivité et de l'emploi. Mais en revanche, ça va être le moment des négociations salariales. [...] J'en appelle aux entreprises : il faut y aller, tout le monde peut faire quelque chose.", a-t-elle estimé.

Selon la ministre, "on est d'abord dans une urgence sociale absolue, donc en urgence économique" et incite donc les grandes entreprises à "montrer l'exemple".

Tech : l'écosystème européen prend forme

L'économie numérique devient depuis de plus en plus motrice au sein de l'Union Européenne et le secteur semble de plus en plus se fédérer. Selon les chiffres d'une étude récente d'Atomico, relayée par Les Échos, le nombre d'emplois générés par la Tech a connu une croissance de 4 % en 2018.

Une tendance visible également sur les investissements, d'après le quotidien économique : "le capital continue lui aussi à affluer : 23 milliards ont été investis dans les jeunes pousses européennes en 2018 selon l'étude, un montant 4,4 fois plus important qu'il y a cinq ans." Autre enseignement de l'étude : Royaume Uni, l'Allemagne et l'Espagne devancent la France dans la course aux talents dans le domaine d'activité.

22 entrepreneures s'engagent pour plus de mixité dans l'accès au financement

Plus d'égalité dans l'accès au financement dans l'économie numérique. Tel est le credo de 22 dirigeantes, dont Céline Lazorthes (fondatrice de Leetchi) ou encore Alix de Sagazan (CEO d'AB Tasty) qui signent une tribune dans Les Échos. Une prise de position corrélée à la création du mouvement #SISTA destinée à soutenir les dirigeantes et les fondatrices en ce sens.

"Les entreprises ayant au moins une fondatrice ont des résultats plus élevés de 63 % que les entreprises n'ayant que des fondateurs. Atteindre la parité générerait plus de 2.000 milliards d'euros de PIB supplémentaire en Europe d'ici à 2025", explique les entrepreneures, en pointant un enjeu à la fois sociétal et culturel.

PAS : 35 000 entreprises sont en retard

À moins d'un mois de la mise en place du prélèvement à la source, 35 000 entreprises n'ont pas fait parvenir la déclaration sociale nominative (DSN) à l'administration. D'après Le Parisien, une très grande majorité des retardataires sont des TPE de moins de deux salariés. 23 % d'entre elles n'ont pas de salariés et sont à 40 % basées en Ile-de-France, précise Bercy. "Ce sont bien souvent de petites entreprises précaires du bâtiment, du commerce ou de la restauration", explique au Parisien, le directeur de l'Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), chargé de récupérer les DSN, Yann-Gaël Amghar.

Sur l'année, Bercy a notamment pu rattraper 40 000 retardataires en un an. L'administration fiscale rappelle également que les TPE peuvent utiliser gratuitement le dispositif Tese de l'Urssaf pour mettre en place le prélèvement à la source.

Face à Amazon, les PME se rebiffent

David contre Goliath. Il y a quelques mois, des PME françaises ont vu leur compte Amazon supprimé unilatéralement par la plateforme, entraînant de facto l'impossibilité de vendre leurs produits sur la marketplace et donc des pertes d'activités. Pour tenter de renouer le dialogue, une médiation a été lancée sous l'égide du médiateur des entreprises. Cité par 20 Minutes, le médiateur, Pierre Pelouzet, prend le sujet au sérieux : "Je crois que les plateformes commencent à comprendre que cette politique peut les desservir. Si vous déréférencez trop d'entreprises, vous risquez d'avoir des dégâts d'image, et vous perdez aussi des fournisseurs potentiels."

Amazon est en effet montré du doigt en France et en Europe, tant pour ses pratiques unilatérales envers les entreprises (la DGCCRF a assigné l'entreprise américaine fin 2017 en justice), que pour l'absence du paiement d'impôts. Sur ce point, Bruno Le Maire a fait savoir que si la négociation en cours à Bruxelles entre les 27 États membres ne débouchait pas sur une taxation européenne des géants du Net, la France mettrait en place sa propre taxation au niveau national, selon Le Figaro.


Mickaël Deneux et Pierre Lelièvre

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